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6G et globules rouges : que vaut vraiment cette rumeur inquiétante ?

Une rumeur affirme que la 6G fait éclater les globules rouges. Découvrez les vrais risques des ondes millimétriques et les précautions à prendre.

D'où vient cette rumeur et que disent les scientifiques ?

Vous avez peut-être vu passer une vidéo ou un article alarmiste : les futurs smartphones 6G utiliseraient des ultrasons capables de faire éclater vos globules rouges si vous gardez votre téléphone dans la poche de poitrine. De quoi donner des sueurs froides à quiconque a l’habitude de glisser son appareil près du cœur. Mais avant de jeter votre téléphone, prenons le temps de démêler le vrai du faux.

D’abord, un petit rappel technique. La 6G, qui n’existe pas encore commercialement, devrait utiliser des fréquences beaucoup plus élevées que la 4G ou la 5G. On parle d’ondes millimétriques, autour de 100 GHz et au-delà. Ces ondes sont en effet capables de transporter d’énormes quantités de données, mais elles ont une portée très courte et sont facilement bloquées par les murs, la pluie, ou même votre main.

Le problème, c’est que ces hautes fréquences sont parfois confondues avec les ultrasons (au-dessus de 20 kHz) utilisés en imagerie médicale. Or, les ondes radio de la 6G ne sont pas des ultrasons. Ce sont des ondes électromagnétiques, pas des ondes mécaniques comme le son. Faire éclater des cellules avec des ondes radio demanderait une puissance absolument colossale, bien au-delà de ce que peut émettre un téléphone. En comparaison, les appareils d’échographie médicale utilisent des ultrasons de forte puissance, mais ils ne font pas non plus éclater les globules rouges.

Alors, d’où vient cette rumeur ? Probablement d’une mauvaise interprétation d’études sur les effets thermiques des ondes millimétriques. À très haute puissance, ces ondes peuvent chauffer les tissus (comme un four à micro-ondes), mais les normes de sécurité internationales imposent des limites strictes pour éviter tout échauffement dangereux. Un téléphone 6G respectera ces limites, comme le font déjà les modèles 5G.

Que disent les études scientifiques sur les ondes millimétriques ?

Pour répondre sérieusement à cette rumeur, il faut regarder ce que la science dit vraiment. Les ondes millimétriques (30-300 GHz) sont étudiées depuis des décennies, notamment pour les radars et les communications militaires. Les recherches sur leurs effets biologiques sont nombreuses.

Une revue de la littérature publiée par l’Institut de recherche sur la santé et la sécurité au travail (IRSST) du Canada indique que les principaux effets documentés des ondes millimétriques sont thermiques : elles chauffent la surface de la peau et les yeux. À des niveaux d’exposition très élevés, cela peut provoquer des brûlures ou des cataractes. Mais ces niveaux sont bien supérieurs à ceux autorisés pour les téléphones.

Des études in vitro (sur des cellules en laboratoire) ont parfois montré des effets non thermiques, comme des modifications de l’expression de certains gènes ou du stress oxydatif. Cependant, ces résultats sont souvent controversés, difficiles à reproduire, et observés à des puissances bien plus élevées que celles d’un smartphone. Aucune étude crédible n’a jamais démontré que les ondes millimétriques aux niveaux d’exposition réglementaires pouvaient lyser (faire éclater) des globules rouges.

Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) en France conclut qu’il n’y a pas de preuve d’un risque pour la santé aux niveaux d’exposition actuels, mais recommande de poursuivre la recherche, notamment pour les fréquences au-delà de 60 GHz. Bref, la rumeur des globules rouges qui explosent ne repose sur aucune donnée scientifique solide.

Ce que la rumeur oublie de dire

Ce qui est frappant dans cette rumeur, c’est qu’elle ignore complètement les mécanismes physiques en jeu. Pour faire éclater une cellule, il faut une énergie mécanique ou une pression énorme. Les ondes radio, même à haute fréquence, ne sont pas des ondes de pression : ce sont des champs électriques et magnétiques oscillants. Elles peuvent induire des courants électriques, mais pas des vibrations mécaniques suffisantes pour rompre une membrane cellulaire.

De plus, la puissance émise par un téléphone est régulée par des normes internationales (les fameux DAS – Débit d’Absorption Spécifique). Pour la 5G et la future 6G, ces limites sont les mêmes que pour les générations précédentes : 2 W/kg en moyenne sur 10 g de tissu. C’est très faible. À titre de comparaison, l’exposition au soleil est bien plus énergétique.

Enfin, les ondes millimétriques pénètrent très peu dans le corps : elles sont absorbées par la peau et les yeux, à peine quelques millimètres. Elles n’atteignent même pas les vaisseaux sanguins profonds, encore moins le cœur ou les globules rouges qui y circulent. La rumeur du téléphone en poche de poitrine est donc physiquement impossible.

Une nuance importante : les précautions restent de mise

Pour autant, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse en disant que tout est parfaitement sûr. Les ondes millimétriques sont nouvelles pour le grand public, et les études à long terme manquent encore. Les normes actuelles sont basées sur des effets thermiques, mais certains scientifiques estiment qu’il faudrait aussi tenir compte d’éventuels effets non thermiques.

Par précaution, il est raisonnable de limiter l’exposition, surtout pour les enfants. Utiliser un kit mains-libres, ne pas dormir avec son téléphone, et éviter de le garder collé au corps sont des gestes simples. Mais il n’y a aucune raison de paniquer : la 6G ne fera pas éclater vos globules rouges.

À retenir

La rumeur selon laquelle les smartphones 6G feraient éclater les globules rouges par ultrasons est infondée. Les ondes millimétriques utilisées par la 6G sont des ondes électromagnétiques, pas des ultrasons. Leur puissance est strictement réglementée et bien trop faible pour endommager les cellules sanguines. Les études sérieuses ne montrent aucun risque de ce type. Comme pour toute technologie, la prudence est de mise, mais inutile de céder à la peur.

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