Pendant des décennies, on a imaginé le manager stressé, avalant des litres de café, rongé par l’angoisse, et finissant avec un ulcère à l’estomac. C’était une image tellement répandue qu’elle est devenue un cliché. On disait : « Trop de stress, trop d’acidité, et hop, un ulcère ! »
Pourtant, cette croyance est totalement fausse. En réalité, la grande majorité des ulcères gastriques et duodénaux sont causés par une bactérie : Helicobacter pylori. Une découverte qui a valu le prix Nobel de médecine à Barry Marshall et Robin Warren en 2005.
Comment est-on arrivé à cette idée reçue ?
Au début du XXe siècle, les médecins observaient que les personnes stressées avaient plus d’ulcères. Ils en ont conclu que le stress était la cause. Mais ils confondaient corrélation et causalité. Le stress aggrave peut-être les symptômes, mais il ne crée pas l’ulcère tout seul.
La vraie cause : Helicobacter pylori
Cette bactérie en forme de spirale vit dans l’estomac de près de la moitié de la population mondiale. Chez la plupart des gens, elle ne provoque aucun symptôme. Mais chez certains, elle fragilise la muqueuse gastrique, permettant à l’acide de créer un ulcère.
- Infection : On l’attrape souvent dans l’enfance, par contact direct ou eau contaminée.
- Traitement : Une combinaison d’antibiotiques et de médicaments anti-acides guérit l’ulcère en quelques semaines.
- Prévention : Une bonne hygiène et une alimentation saine réduisent les risques.
Alors, le stress n’a-t-il vraiment aucun rôle ? Si, mais indirect. Il peut affaiblir le système immunitaire, rendant l’estomac plus vulnérable à la bactérie. Il peut aussi aggraver les douleurs en augmentant l’acidité. Mais sans H. pylori, pas d’ulcère dans la grande majorité des cas.
