Vous avez sûrement déjà entendu cette « astuce » : si votre interlocuteur regarde en haut à droite, il invente, donc il ment. Popularisée par la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) et des séries comme Lie to Me, cette idée a fait son chemin dans la culture populaire. Pourtant, les neurosciences modernes sont formelles : il n’existe aucun lien universel entre la direction du regard et le mensonge.
Les origines du mythe
Dans les années 1970, les fondateurs de la PNL ont observé que certaines personnes semblaient bouger les yeux dans des directions particulières selon qu’elles se souvenaient ou imaginaient quelque chose. Ils ont alors proposé un « schéma » : regard à gauche = mémoire, regard à droite = construction. Mais attention, ce n’était qu’une observation empirique, jamais validée par des études contrôlées. Pourtant, le mythe s’est répandu comme une traînée de poudre.
Ce que la science en dit
Plusieurs études rigoureuses ont testé cette hypothèse. Par exemple, une méta-analyse de 2012 publiée dans PLOS ONE a passé en revue des dizaines d’expériences : aucune corrélation fiable n’a été trouvée entre la direction du regard et le mensonge. D’autres travaux, comme ceux menés par le chercheur Richard Wiseman, montrent que les menteurs regardent parfois à gauche, parfois à droite, parfois fixement… bref, rien de systématique. Le regard peut fuir pour mille raisons : stress, concentration intense, timidité, ou simple réflexion.
Pourquoi ce mythe persiste-t-il ?
Notre cerveau aime les explications simples. L’idée qu’un geste trahisse infailliblement un menteur est rassurante : elle nous donne l’illusion de contrôler les situations sociales. Mais la réalité est plus complexe. Comme le rappellent régulièrement les chercheurs, les mythes sur le cerveau ont la vie dure, surtout quand ils sont relayés par des médias et des formations en développement personnel.










