En 2026, les vacances ont changé de visage. Selon Ipsos, plus d’un vacancier sur deux (55 %) place désormais le risque de conflit armé ou l’instabilité politique comme critère éliminatoire dans le choix de sa destination. Résultat : une explosion des séjours domestiques ou ultra-locaux. Plus de la moitié des Français prévoient de ne pas quitter l’Hexagone cet été.
Un cocktail anxiogène : géopolitique et inflation
Cette tendance ne doit rien au hasard. Notre cerveau, face à l’incertitude, active des mécanismes de protection ancestraux. Quand les informations font état de tensions aux portes de l’Europe, de conflits au Proche-Orient ou d’instabilité politique, notre tolérance à l’incertitude est mise à rude épreuve. Ajoutez à cela l’inflation qui rend les budgets vacances plus serrés, et vous obtenez un réflexe de repli vers ce qui est connu, maîtrisé, rassurant : le chez-soi élargi, le local, le familier.
Le cerveau en mode survie : pourquoi on préfère le connu
Ce phénomène s’explique par plusieurs biais cognitifs. D’abord, notre préférence pour la certitude : face à deux options – un voyage à l’étranger potentiellement risqué et un séjour local sans surprise – le cerveau choisit la seconde, même si elle est moins excitante. Ensuite, le biais de disponibilité : les images de conflits qui défilent en boucle sur les écrans rendent ces risques plus saillants, plus probables à nos yeux. On surestime alors le danger d’un voyage en Méditerranée orientale, alors que statistiquement, les risques sont faibles.
Le résultat ? Un tourisme de proximité qui devient un doudou neurologique. La région voisine, le gîte à une heure de route, le camping chez belle-maman : autant de bulles de prévisibilité dans un monde qui semble vaciller.









