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5 amandes par jour contre le cancer : ce que dit vraiment la science

Non, manger 5 amandes par jour ne bloque pas le cancer. Voici pourquoi cette idée est dangereuse.
Jeune femme réfléchissant à des sujet viraux afin de les vérifier.

D'où vient cette idée que les amandes guériraient le cancer ?

Vous avez peut-être vu passer l’info sur les réseaux sociaux ou dans certains blogs bien-être : manger cinq amandes par jour suffirait à bloquer le développement d’un cancer. L’argument avancé ? La présence d’amygdaline, une substance que l’on trouve dans les noyaux de certains fruits et dans les amandes amères, et que certains présentent comme une arme secrète contre les cellules cancéreuses.

Cette idée n’est pas nouvelle. Elle s’appuie sur une théorie qui circule depuis des décennies, selon laquelle l’amygdaline, aussi appelée vitamine B17 (un nom qui n’a rien d’officiel), serait capable de cibler et de détruire les cellules tumorales sans toucher aux cellules saines. Une promesse séduisante, mais qui ne repose sur aucune preuve solide.

En réalité, l’amygdaline est un composé cyanogène, c’est-à-dire qu’il peut libérer du cyanure, un poison violent, lorsqu’il est métabolisé par l’organisme. Les amandes douces, que l’on consomme couramment, en contiennent des traces négligeables. Mais les amandes amères, elles, en sont beaucoup plus riches. Et c’est là que le problème commence.

Plusieurs études ont tenté de vérifier l’effet anticancer de l’amygdaline. Aucune n’a réussi à montrer un bénéfice clinique. En revanche, des cas d’intoxication au cyanure ont été rapportés chez des personnes ayant consommé des extraits d’amygdaline ou des amandes amères en grande quantité. Les symptômes ? Maux de tête, vertiges, nausées, et dans les cas graves, coma ou décès.

Alors, non, manger cinq amandes par jour ne bloque pas le cancer. Mais cela peut être dangereux si l’on se tourne vers les mauvaises variétés ou des compléments non contrôlés. Mieux vaut se fier aux traitements validés par la science.

Les travaux scientifiques sur 5 amandes jour contre

Pour comprendre pourquoi l’amygdaline n’est pas un traitement anticancer, il faut regarder ce que la recherche a vraiment trouvé. Dès les années 1950, des scientifiques ont testé l’amygdaline sur des animaux et des humains. Les résultats ? Aucun effet notable sur les tumeurs, mais des signes de toxicité.

Dans les années 1970, le National Cancer Institute (NCI) américain a mené un essai clinique sur 178 patients atteints de cancer. Les participants ont reçu de l’amygdaline par injection et par voie orale, associée à un régime alimentaire spécifique. Résultat : aucun patient n’a vu son cancer régresser. Plusieurs ont même présenté des symptômes d’empoisonnement au cyanure, et certains sont décédés.

Une revue systématique de la littérature, publiée en 2015 dans le Journal of Clinical Oncology, a conclu que les preuves en faveur de l’amygdaline sont inexistantes et que son utilisation expose à des risques graves. L’Agence européenne des médicaments et la FDA américaine déconseillent formellement son usage.

Pourtant, des sites web continuent de promouvoir l’amygdaline comme un remède miracle. Ils s’appuient souvent sur des témoignages isolés ou des études mal interprétées. Par exemple, certaines expériences in vitro montrent que l’amygdaline tue des cellules cancéreuses en laboratoire. Mais ce qui fonctionne dans une boîte de Petri ne fonctionne pas forcément dans le corps humain, surtout à des doses non toxiques.

En résumé, la science est claire : l’amygdaline n’a aucun bénéfice prouvé contre le cancer, et elle peut être mortelle. Mieux vaut se tourner vers des traitements qui ont fait leurs preuves, comme la chirurgie, la radiothérapie ou les médicaments approuvés.

Le vrai danger : l'empoisonnement au cyanure

Ce que les défenseurs de l’amygdaline ne disent pas, c’est que cette substance est un poison. Lorsque vous mangez une amande amère ou un noyau d’abricot, votre corps transforme l’amygdaline en cyanure d’hydrogène, une substance utilisée dans les chambres à gaz. À petite dose, le corps peut l’éliminer. Mais à forte dose, c’est la mort assurée.

Les symptômes d’un empoisonnement au cyanure apparaissent rapidement : maux de tête violents, confusion, difficultés respiratoires, convulsions. Plusieurs cas ont été documentés, notamment chez des personnes qui suivaient des « cures » d’amygdaline. En 2016, un homme est décédé après avoir avalé une poudre d’amygdaline achetée sur Internet.

Les amandes douces que l’on trouve dans le commerce sont sans danger car elles contiennent très peu d’amygdaline. Mais les amandes amères, vendues parfois en épicerie fine, peuvent être toxiques si on en mange trop. La réglementation européenne limite d’ailleurs leur vente.

Alors, avant de croire à une promesse miracle, rappelez-vous ce vieux principe : la dose fait le poison. Et dans le cas de l’amygdaline, la marge est très étroite entre une dose « préventive » et une dose mortelle.

Un effet placebo ou une coïncidence ?

Il arrive que des personnes atteintes de cancer se sentent mieux après avoir adopté un régime riche en amandes ou en noyaux d’abricot. Faut-il y voir un effet de l’amygdaline ? Pas forcément. Le simple fait de croire en un traitement peut déclencher un effet placebo, bien réel, qui améliore le bien-être sans agir sur la maladie.

De plus, les régimes « anticancer » encouragent souvent une alimentation plus saine, riche en fruits et légumes, ce qui peut renforcer l’organisme. Mais cela n’a rien à voir avec une action directe de l’amygdaline sur les tumeurs.

Il est aussi possible que certaines personnes aient eu un cancer qui a stagné ou régressé spontanément, par hasard. Ces cas rares sont ensuite attribués à tort au traitement miracle. La science appelle cela un biais de survie sélective.

En bref, si un proche vous dit que l’amygdaline l’a aidé, soyez compatissant, mais gardez un œil critique. Les témoignages ne remplacent pas les études cliniques.

La synthèse sur 5 amandes jour contre

Les amandes sont excellentes pour la santé : riches en vitamine E, en magnésium et en bonnes graisses. Mais elles ne guérissent pas le cancer. L’amygdaline qu’elles contiennent est un poison potentiel, pas un médicament.

Si vous entendez parler d’un remède miracle à base d’amandes amères ou de noyaux d’abricot, fuyez. Aucune étude clinique sérieuse n’a validé cette approche, et les risques d’empoisonnement sont bien réels.

Pour prévenir le cancer, les experts recommandent une alimentation équilibrée, de l’exercice, et d’éviter le tabac. Et si vous êtes malade, suivez les traitements prescrits par votre médecin. La nature est parfois belle, mais elle n’est pas toujours une alliée.

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