Vous avez peut-être vu passer l’info sur les réseaux sociaux ou dans certains blogs bien-être : manger cinq amandes par jour suffirait à bloquer le développement d’un cancer. L’argument avancé ? La présence d’amygdaline, une substance que l’on trouve dans les noyaux de certains fruits et dans les amandes amères, et que certains présentent comme une arme secrète contre les cellules cancéreuses.
Cette idée n’est pas nouvelle. Elle s’appuie sur une théorie qui circule depuis des décennies, selon laquelle l’amygdaline, aussi appelée vitamine B17 (un nom qui n’a rien d’officiel), serait capable de cibler et de détruire les cellules tumorales sans toucher aux cellules saines. Une promesse séduisante, mais qui ne repose sur aucune preuve solide.
En réalité, l’amygdaline est un composé cyanogène, c’est-à-dire qu’il peut libérer du cyanure, un poison violent, lorsqu’il est métabolisé par l’organisme. Les amandes douces, que l’on consomme couramment, en contiennent des traces négligeables. Mais les amandes amères, elles, en sont beaucoup plus riches. Et c’est là que le problème commence.
Plusieurs études ont tenté de vérifier l’effet anticancer de l’amygdaline. Aucune n’a réussi à montrer un bénéfice clinique. En revanche, des cas d’intoxication au cyanure ont été rapportés chez des personnes ayant consommé des extraits d’amygdaline ou des amandes amères en grande quantité. Les symptômes ? Maux de tête, vertiges, nausées, et dans les cas graves, coma ou décès.
Alors, non, manger cinq amandes par jour ne bloque pas le cancer. Mais cela peut être dangereux si l’on se tourne vers les mauvaises variétés ou des compléments non contrôlés. Mieux vaut se fier aux traitements validés par la science.










