Deux vies brisées par une machine
Fin 2024, le collectif de familles Algos Victima a assigné TikTok en justice devant le tribunal judiciaire de Créteil. En cause : les suicides de deux adolescentes de 15 ans, Marie et Charlize, qui se sont donné la mort après avoir été submergées par des vidéos glorifiant l’automutilation, la dépression et le suicide. Selon l’enquête, leur fil d’actualité s’est saturé de ces contenus en moins d’une heure de navigation.
Un algorithme qui exploite les fragilités
L’algorithme de TikTok, conçu pour maximiser le temps passé sur l’application, détecte rapidement les centres d’intérêt, même les plus sombres. Une simple recherche sur un sujet triste, une pause un peu plus longue sur une vidéo déprimante, et la machine enclenche un engrenage infernal. On parle de « bulle de filtres » : l’utilisateur est enfermé dans un univers de contenus qui renforcent son mal-être, sans jamais lui proposer d’issue positive.
Des précédents inquiétants
Ce n’est pas un cas isolé. Aux États-Unis, plusieurs familles ont déjà attaqué les réseaux sociaux pour des faits similaires. Mais le procès Algos Victima est le premier en France à viser aussi directement le fonctionnement réel de l’algorithme. Les plaignants ne demandent pas seulement des dommages, mais aussi une modification en profondeur du système de recommandation.
La mécanique de l’addiction
Les algorithmes d’engagement sont conçus pour créer une dépendance. Ils exploitent nos failles psychologiques : besoin de reconnaissance, peur de manquer quelque chose, recherche d’émotions fortes. Pour un adolescent déjà vulnérable, c’est un piège mortel. La plateforme devient une chambre d’écho où chaque vidéo renforce l’idée que le suicide est une solution.















