Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase : « Ça existe depuis des siècles, donc ça marche forcément. » Un argument qui semble imparable, mais qui cache un biais cognitif puissant : l’argument d’ancienneté. Notre cerveau, pour économiser de l’énergie, préfère souvent se fier à ce qui a fait ses preuves dans le passé plutôt que de tout remettre en question. C’est un raccourci mental pratique, mais parfois très trompeur.
Un réflexe hérité de nos ancêtres
À l’époque préhistorique, ce qui était connu était généralement sûr. Manger une baie déjà consommée par la tribu était moins risqué que d’en essayer une nouvelle. Ce mécanisme de prudence est resté gravé dans notre cerveau. Aujourd’hui, il se manifeste par une confiance spontanée envers tout ce qui est ancien : une médecine traditionnelle, une recette de grand-mère, une sagesse populaire.
Quand l’ancien devient dangereux
Pourtant, l’histoire montre que l’ancienneté n’a jamais été une garantie d’efficacité. Prenez la saignée : pratiquée pendant des millénaires pour « purifier le sang », elle a causé d’innombrables morts. Ou le mercure, utilisé pour traiter la syphilis jusqu’au XXe siècle, avec des effets toxiques terribles. Ces pratiques étaient anciennes, respectées, mais totalement inefficaces – voire mortelles.
Un biais qui nous rend vulnérables
Ce biais est particulièrement fort dans le domaine de la santé et du bien-être. On accorde plus de crédit à une tisane « utilisée depuis des générations » qu’à un médicament récent, même si ce dernier a été prouvé par des études cliniques. L’ancienneté devient un argument marketing redoutable, mais elle ne remplace jamais la preuve scientifique.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez « c’est ancien donc ça marche », posez-vous cette question : a-t-on vraiment testé cette pratique de manière rigoureuse ? Parfois, oui, elle est efficace – mais ce n’est pas son âge qui le prouve.
