Vous avez sûrement déjà entendu cette affirmation : « Quand on éternue, le cœur s’arrête une fraction de seconde. » C’est une idée répandue, presque un lieu commun. Mais est-ce vrai ? Et si ce n’est pas le cas, pourquoi avons-nous cette impression étrange, ce petit « raté » dans la poitrine ?
Pour comprendre ce qui se passe, il faut d’abord savoir ce qu’est un éternuement. Ce n’est pas juste un « atchoum » sonore. C’est en réalité un réflexe complexe et puissant déclenché par une irritation des muqueuses nasales. Le but ? Expulser violemment l’intrus (poussière, pollen, virus) hors de vos voies respiratoires.
Un réflexe en plusieurs étapes
- Inspiration profonde : Vous prenez une grande bouffée d’air, ce qui gonfle vos poumons.
- Fermeture de la glotte : La glotte (l’ouverture entre les cordes vocales) se referme brusquement, bloquant l’air dans vos poumons.
- Contraction des muscles : Les muscles de votre cage thoracique et de votre abdomen se contractent violemment, comprimant l’air emprisonné.
- Ouverture explosive : La glotte s’ouvre soudainement, libérant l’air à une vitesse pouvant atteindre 160 km/h.
C’est cette pression énorme qui est à l’origine de la confusion. Cette pression ne se limite pas aux poumons : elle se transmet à tout le thorax, y compris au cœur et aux gros vaisseaux sanguins. Résultat : le retour veineux vers le cœur est brièvement perturbé, et le cœur peut modifier son rythme pendant un instant. Mais il ne s’arrête jamais.
