Le phénomène viral qui interroge
Sur des plateformes comme Douyin ou Kuaishou, des centaines de vidéos montrent des utilisateurs frapper, piétiner, jeter ou verser de l’eau bouillante sur une poupée en caoutchouc nommée « Natasha ». Ce jouet antistress, vendu en plusieurs couleurs, représente un bébé noir. Mais dans la quasi-totalité des vidéos, c’est la version noire qui est maltraitée. Simple coïncidence ?
Un contexte historique lourd
Pour les militants afro-descendants de Hong Kong, ce n’est pas un hasard. Ils rappellent que l’humiliation de figures noires a une longue histoire, des « singes » dans les zoos humains aux caricatures racistes. Normaliser l’agression contre une poupée noire, même en caoutchouc, envoie un message clair : la violence contre les Noirs est acceptable. Certains internautes chinois répondent que ce n’est « que du caoutchouc » et que la fonction antistress justifie tout. Mais où se trouve la limite entre défoulement et racisme ?
Le rôle des plateformes et des algorithmes
Les algorithmes amplifient ces vidéos, les rendant virales. Les créateurs cherchent le buzz, souvent sans conscience des implications raciales. Pourtant, les mécanismes des fausses croyances montrent que même sans intention malveillante, la répétition de stéréotypes peut ancrer des préjugés. L’attrait pour les explications simplistes pousse à justifier ces actes par « ce n’est qu’un jouet », sans voir le contexte.









