Le jeûne, qu’il soit intermittent ou prolongé, suscite un intérêt croissant dans le monde de la santé. Mais qu’en est-il de son rôle face au cancer ? Certaines études suggèrent que le jeûne pourrait renforcer l’efficacité des traitements, tandis que d’autres mettent en garde contre les risques de dénutrition. Pour y voir plus clair, plongeons dans les mécanismes biologiques et les données scientifiques.
Comment le jeûne agit-il sur les cellules ?
Le principe est simple : en privant l’organisme de nourriture pendant une période donnée, on force les cellules à s’adapter. Les cellules saines entrent alors dans un mode de protection et de réparation, tandis que les cellules cancéreuses, qui dépendent du sucre pour survivre, seraient plus vulnérables. C’est ce qu’on appelle le stress différentiel.
- Autophagie : un processus de nettoyage cellulaire qui élimine les composants endommagés. Le jeûne le stimule, ce qui pourrait aider à prévenir le cancer.
- Réduction de l’IGF-1 : une hormone de croissance qui, en excès, favorise le développement des tumeurs. Le jeûne fait baisser son taux.
- Diminution de l’inflammation : l’inflammation chronique est un terreau fertile pour le cancer. Le jeûne a des effets anti-inflammatoires.
Ce que montrent les études sur les animaux et les humains
Chez la souris, des recherches ont montré que le jeûne avant et après une chimiothérapie réduisait les effets secondaires et améliorait la survie. Chez l’humain, les données sont encore limitées mais prometteuses. Une petite étude de 2018 sur des patientes atteintes d’un cancer du sein a observé que le jeûne de 48 heures avant la chimio diminuait les dommages sur les cellules saines.
« Le jeûne pourrait rendre les cellules cancéreuses plus sensibles au traitement tout en protégeant les cellules normales », explique le Dr Valter Longo, chercheur à l’USC.
Cependant, il ne faut pas oublier que ces résultats sont préliminaires. Les essais cliniques à grande échelle manquent encore.










