On entend souvent dire que les médecins en font trop en matière de prévention. Entre les bilans de santé annuels, les dépistages systématiques et les conseils hygiéno-diététiques, certains patients se sentent submergés. Mais cette impression est-elle justifiée ?
Il faut d’abord rappeler que la prévention a sauvé des millions de vies. Les vaccins, les dépistages du cancer du sein ou du côlon ont permis de réduire considérablement la mortalité. Pourtant, il arrive que des examens soient prescrits sans bénéfice clair, voire avec des risques inutiles. Par exemple, le dépistage systématique du cancer de la prostate par le test PSA a longtemps été controversé : il peut détecter des tumeurs qui n’auraient jamais posé problème, entraînant des traitements lourds et des effets secondaires.
Le problème vient parfois d’une approche standardisée qui ne tient pas compte des particularités de chaque patient. Un bilan sanguin complet chaque année n’est pas forcément utile pour une personne jeune et en bonne santé. De plus, certains médecins, par crainte de poursuites judiciaires, préfèrent multiplier les examens pour couvrir toutes les éventualités.
Mais attention, cela ne signifie pas qu’il faut tout rejeter. La prévention reste essentielle pour les maladies cardiovasculaires, le diabète ou certains cancers. L’important est de trouver un équilibre : suivre les recommandations officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS) et échanger avec son médecin pour adapter les examens à sa situation personnelle.











