Le gluten, cette protéine présente dans le blé, l’orge et le seigle, est devenu l’ennemi public numéro un dans l’alimentation. On le rend responsable de tous les maux : fatigue, ballonnements, migraines, prise de poids… Résultat, les rayons “sans gluten” explosent et de plus en plus de personnes adoptent ce régime, souvent sans avis médical.
Mais est-ce vraiment justifié ? Pour la grande majorité des gens, le gluten n’est absolument pas dangereux. Les problèmes surviennent principalement pour deux catégories de personnes : celles atteintes de la maladie cœliaque (une maladie auto-immune grave) et celles souffrant d’une sensibilité au gluten non cœliaque (une intolérance moins sévère). Ces deux conditions touchent respectivement environ 1% et 0,5 à 6% de la population. Autrement dit, plus de 90% des gens peuvent consommer du gluten sans aucun souci.
Alors pourquoi cette peur ? En partie à cause de livres et documentaires à succès qui ont diabolisé le gluten, mais aussi parce que certains symptômes digestifs sont réels et disparaissent quand on arrête le blé. Mais attention : ce n’est pas forcément le gluten qui est en cause. Le blé contient d’autres substances (fructanes, inhibiteurs d’amylase) qui peuvent provoquer des inconforts chez certaines personnes sensibles. Et puis, un régime sans gluten peut être carencé en fibres, vitamines B et fer, surtout s’il est mal équilibré.
En résumé, si vous n’avez pas de diagnostic médical (maladie cœliaque ou sensibilité avérée), inutile de vous priver de pain, de pâtes ou de pizzas. Le gluten n’est pas un poison pour tout le monde. Avant de sauter dans le train du sans gluten, parlez-en à votre médecin.










