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Le mythe du multitâche : votre cerveau ne fait pas ce que vous croyez

Non, votre cerveau ne fait pas plusieurs choses à la fois. Il passe d'une tâche à l'autre très rapidement.
Le mythe du multitâche : votre cerveau ne fait pas ce que vous croyez

Pourquoi on croit être multitâche (et ce qui se passe vraiment)

Vous êtes probablement en train de lire cet article tout en ayant un œil sur votre téléphone, une oreille sur la musique et l’autre sur une conversation. Vous vous dites peut-être : « Je suis doué pour le multitâche ». Pourtant, les neuroscientifiques sont formels : le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter plusieurs tâches simultanément.

Ce que l’on appelle communément le multitâche est en réalité un « changement rapide de contexte ». Imaginez un jongleur qui lance plusieurs balles en l’air : il ne les attrape pas toutes en même temps, il passe très vite de l’une à l’autre. C’est exactement ce que fait votre cerveau. Chaque fois que vous passez d’une activité à une autre, une zone spécifique de votre cerveau, le cortex préfrontal, doit se réorienter.

Ce mécanisme a un coût : le « résidu attentionnel ». Une partie de votre attention reste bloquée sur la tâche précédente, ce qui ralentit votre réflexion et augmente les erreurs. En clair, vous êtes moins efficace et plus fatigué que si vous vous concentriez sur une seule chose à la fois.

Les études sur les idées reçues

Les recherches en neurosciences sont claires : le multitâche n’existe pas. Une étude célèbre de l’Université de Stanford a montré que les personnes qui se disent « multitâches » sont en réalité moins performantes que celles qui se concentrent sur une tâche unique. Leur cerveau met plus de temps à se recentrer et commet davantage d’erreurs.

Une autre étude, publiée dans la revue NeuroImage, a utilisé l’imagerie cérébrale pour observer l’activité du cortex préfrontal pendant des tâches simultanées. Résultat : le cerveau ne traite pas deux informations en même temps, mais bascule entre elles très rapidement. Ce basculement peut prendre de quelques millisecondes à plusieurs secondes, selon la complexité des tâches.

Enfin, des travaux de l’Université de Sussex ont montré que l’utilisation fréquente de plusieurs médias à la fois (téléphone, ordinateur, télévision) est associée à une diminution de la densité de matière grise dans le cortex cingulaire antérieur, une zone impliquée dans le contrôle cognitif. Autrement dit, plus on pratique le multitâche, moins on devient capable de se concentrer.

Le coût invisible du multitâche

On parle beaucoup de perte de productivité, mais on oublie souvent l’impact sur notre bien-être. Le multitâche chronique augmente le niveau de cortisol, l’hormone du stress. Il fragmente notre attention et nous donne l’impression d’être débordés en permanence.

Autre point négligé : la qualité de notre travail en pâtit. En voulant tout faire à la fois, on produit souvent un travail superficiel. On zappe les détails importants, on fait des fautes, on oublie des étapes. Et au final, on passe plus de temps à corriger qu’à faire correctement dès le départ.

Le multitâche n'est pas toujours un problème

Il faut nuancer le propos. Certaines tâches automatisées peuvent être combinées sans trop de difficulté. Par exemple, écouter de la musique en courant ou parler en marchant ne sollicite pas les mêmes ressources cognitives. Le problème survient quand deux tâches conscientes et complexes entrent en compétition.

De plus, certaines personnes semblent mieux gérer le changement de contexte que d’autres. Les « super-taskers » représenteraient environ 2% de la population. Mais pour le commun des mortels, mieux vaut éviter de vouloir tout faire en même temps.

Faites une chose à la fois

Le cerveau n’est pas un processeur multitâche. Il est conçu pour se concentrer sur une tâche à la fois. En fractionnant votre attention, vous perdez en efficacité et en qualité.

Pour être plus productif et moins stressé, adoptez le « monotâche » : éteignez les notifications, fermez les onglets inutiles, et accordez toute votre attention à ce que vous faites. Vous verrez, le résultat est souvent bien meilleur.

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