Imaginez pouvoir vous souvenir avec précision de ce que vous avez mangé au petit-déjeuner le 12 mars 2015, ou du temps qu’il faisait un lundi de votre adolescence. C’est le quotidien d’Aurélien Hayman, un Gallois de Cardiff qui fait partie des quelque 60 personnes dans le monde diagnostiquées avec une mémoire autobiographique hautement supérieure (HSAM).
Un talent révélé à l’adolescence
C’est vers l’âge de 14 ans qu’Aurélien a pris conscience de son don. En discutant avec des amis, il s’est rendu compte que ses souvenirs étaient bien plus nets et détaillés que les leurs. « Je pouvais leur dire exactement ce qu’on avait fait tel jour, trois ans plus tôt, et ils ne s’en souvenaient pas du tout », raconte-t-il.
Comment fonctionne cette mémoire hors norme ?
Sa capacité a été étudiée par la professeure Giuliana Mazzoni de l’université de Hull. Les scans cérébraux ont révélé une activation inhabituellement rapide de certaines zones visuelles de son cerveau lorsqu’il se remémore des événements. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une mémoire infaillible : elle est surtout liée aux événements personnels, pas aux dates historiques ou aux chiffres.
Un don, pas un fardeau
Contrairement à d’autres hyperthymésiques qui vivent cette capacité comme un poids, Aurélien la considère comme quelque chose de positif. « Cela m’aide à apprécier les bons moments et à relativiser les mauvais », confie-t-il. Son cas nous éclaire sur les mécanismes des faux souvenirs et sur la façon dont notre cerveau construit le passé.













