On les voit dans les films, les séries policières, les reportages : un suspect attaché à une machine, des capteurs sur le torse et les doigts, et un expert qui interroge en scrutant les courbes. Le polygraphe, plus connu sous le nom de « détecteur de mensonge », fascine et intrigue. Mais que mesure-t-il vraiment ?
Les signaux physiologiques enregistrés
Le polygraphe enregistre plusieurs paramètres corporels :
- Le rythme cardiaque : les battements du cœur.
- La pression artérielle : la force du sang dans les artères.
- La respiration : la fréquence et l’amplitude des inspirations et expirations.
- La conductance cutanée : la sudation des doigts, liée à l’activité des glandes sudoripares.
Ces mesures sont supposées refléter l’état émotionnel de la personne interrogée. L’idée est qu’un menteur ressentirait du stress ou de l’anxiété, ce qui modifierait ces signaux.
Une interprétation délicate
Le problème, c’est que ces réactions physiologiques ne sont pas spécifiques au mensonge. Le stress, la peur, la colère, l’excitation, ou même la simple nervosité peuvent produire les mêmes courbes. Un innocent qui craint d’être accusé à tort peut montrer des signes de stress intenses, tandis qu’un menteur habitué ou psychopathe peut rester parfaitement calme.
En réalité, le polygraphe mesure surtout le stress physiologique, pas un « signal de mensonge » spécifique. C’est une nuance fondamentale qui remet en question sa fiabilité.






