Vous avez peut-être vu passer sur les réseaux sociaux une vidéo ou un article affirmant que les crèmes solaires seraient plus dangereuses que le soleil lui-même. L’idée, c’est que les filtres chimiques qu’elles contiennent pourraient pénétrer dans le sang et provoquer des cancers. Forcément, ça fait peur. Mais qu’en est-il vraiment ?
D’abord, rappelons un fait simple : le soleil émet des rayons ultraviolets (UV) qui sont classés comme cancérogènes certains par l’Organisation mondiale de la santé. Le lien entre l’exposition aux UV et le mélanome, le cancer de la peau le plus grave, est établi depuis des décennies. Les crèmes solaires, elles, sont conçues pour bloquer ou absorber ces rayons avant qu’ils n’endommagent notre ADN.
Alors d’où vient cette rumeur ? Elle s’appuie souvent sur une étude de 2019 de la FDA américaine, qui a montré que certains filtres solaires peuvent passer dans le sang à des taux supérieurs aux seuils fixés. Mais attention : cette étude ne dit pas que ces substances sont dangereuses à ces doses. Elle dit simplement qu’il faut plus de recherches pour confirmer leur innocuité à long terme. Les autorités sanitaires, comme la FDA ou l’Anses en France, rappellent que le bénéfice de la protection solaire dépasse largement les risques potentiels.
En pratique, les crèmes solaires sont soumises à des réglementations très strictes, surtout en Europe. Les filtres autorisés sont testés pour leur sécurité. Et les études épidémiologiques montrent que l’utilisation régulière de crème solaire réduit significativement le risque de mélanome. Par exemple, une étude australienne a suivi des adultes pendant 15 ans et a constaté que ceux qui appliquaient de la crème solaire tous les jours avaient moitié moins de risques de développer un mélanome.
