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Pourquoi être occupé ne veut pas dire être productif

Activité ne rime pas toujours avec efficacité. Apprenez à distinguer l'occupation de la vraie productivité.

Activité ou efficacité : une confusion fréquente

On a tous ce collègue qui répond aux emails à toute heure, qui court de réunion en réunion, qui semble toujours sur le pont. Pourtant, à la fin de la semaine, qu’a-t-il vraiment accompli ?

Notre société admire ceux qui sont ‘débordés’. Être occupé est devenu un signe de valeur. Mais cette équation est trompeuse. Une personne peut passer huit heures à trier ses messages sans toucher à un seul projet important. C’est de l’agitation, pas de la productivité.

La productivité, c’est faire avancer les choses qui comptent vraiment. C’est terminer un rapport clé, résoudre un problème complexe, créer quelque chose de nouveau. L’occupation, elle, est souvent une fuite en avant : on fait du volume pour éviter de se confronter à l’essentiel.

Les neurosciences confirment que le multitâche est un mythe. Notre cerveau n’est pas fait pour gérer plusieurs tâches complexes à la fois. Il bascule rapidement d’une chose à l’autre, ce qui fatigue et diminue la qualité. Au final, on fait plus de choses, mais moins bien.

Alors, comment savoir si l’on est vraiment productif ? Posez-vous cette question simple : à la fin de la journée, ai-je avancé sur mes priorités ? Ou ai-je simplement éteint des incendies ? La réponse vous éclairera.

Que disent les études sur le lien entre occupation et productivité ?

Plusieurs recherches récentes ont analysé ce lien. Une étude de l’Université Harvard a suivi des employés de bureau et a découvert que ceux qui se disaient ‘très occupés’ n’étaient pas plus productifs que les autres. En réalité, ils passaient plus de temps à répondre à des sollicitations qu’à travailler sur des tâches à forte valeur ajoutée.

Une autre étude, publiée dans le Journal of Experimental Psychology, montre que la simple perception d’être occupé peut nuire à la performance. Quand on se sent submergé, on a tendance à faire des choix plus courts et moins réfléchis. On privilégie le ‘faire’ au ‘bien faire’.

Le chercheur Cal Newport, auteur de ‘Deep Work’, explique que la productivité réelle nécessite des périodes de concentration intense, sans interruption. Or, l’occupation permanente empêche justement cette concentration. On reste en surface, on zappe, on perd le fil.

Enfin, une enquête de l’INSEE en France a montré que les salariés qui déclarent être ‘débordés’ sont aussi ceux qui ressentent le plus de stress et de fatigue. Mais leur productivité mesurée n’est pas supérieure. Être occupé coûte de l’énergie sans forcément rapporter de résultats.

La conclusion est claire : l’occupation n’est pas un indicateur fiable de productivité. C’est même parfois l’inverse.

Le piège de la visibilité

Ce qu’on oublie souvent, c’est que l’occupation donne une illusion de contrôle. Quand on est débordé, on a l’impression d’être indispensable, que tout s’effondrerait sans nous. Mais c’est souvent faux.

Pire, on confond ‘être vu’ et ‘être efficace’. Le collègue qui répond à tous les mails en Copie, qui participe à toutes les réunions, qui envoie des messages le soir… Il est visible, mais est-il vraiment utile ? Souvent, il disperse son énergie.

La vraie productivité est parfois invisible. C’est l’heure passée à réfléchir à une solution, le moment de silence où l’on structure une idée. Cela ne se voit pas, mais cela compte.

Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez coupable de ne pas être ‘occupé’, rappelez-vous : la productivité n’est pas une course. C’est une question de priorité.

Une question de contexte

Bien sûr, il faut nuancer. Dans certains métiers, être occupé est effectivement lié à la productivité. Un chirurgien, un artisan, un livreur : leur occupation est directement productive. Mais pour la plupart des travailleurs du savoir, ce n’est pas le cas.

Il y a aussi des périodes où l’on est à la fois occupé et productif, comme en période de bouclage ou de crise. Mais ce n’est pas un rythme tenable sur la durée.

L’important est de savoir faire la différence. Parfois, être un peu moins occupé permet d’être bien plus productif. C’est ce qu’on appelle le travail en profondeur.

Ce qu'il faut retenir

Ne jugez pas votre journée à votre niveau d’agitation. Jugez-la à ce que vous avez accompli de vraiment important.

Dites non aux tâches qui ne servent pas vos priorités. Accordez-vous des plages de concentration sans interruption. Et rappelez-vous que le calme n’est pas l’ennemi de la productivité, c’est souvent son allié.

En bref : soyez efficace, pas juste occupé. Votre santé mentale et votre carrière vous remercieront.

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