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Le mythe du multitâche : pourquoi vous perdez du temps (et comment y remédier)

Le multitâche est souvent vu comme une compétence, mais des études montrent qu'il nous ralentit. Voici pourquoi.

Pourquoi le multitâche est un mythe

Nous avons tous déjà essayé de faire plusieurs choses à la fois. Répondre à un mail en écoutant une réunion, ou cuisiner tout en gardant un œil sur les enfants. Sur le moment, on a l’impression d’être efficaces, de gagner du temps. Mais en réalité, notre cerveau n’est pas fait pour ça.

Le terme « multitâche » vient de l’informatique, où un processeur peut gérer plusieurs tâches simultanément. Mais notre cerveau fonctionne différemment. Quand on croit faire deux choses en même temps, on alterne en réalité très rapidement entre les deux. Ce « changement de contexte » a un coût : du temps et de l’énergie. Chaque fois qu’on passe d’une tâche à l’autre, notre cerveau doit se réorienter, ce qui peut prendre plusieurs secondes. À la fin de la journée, ces secondes perdues s’additionnent.

Des études montrent que le multitâche réduit notre productivité de 20 à 40 %. Par exemple, une recherche de l’Université de Stanford a révélé que les personnes qui se disent « bonnes en multitâche » sont en réalité moins performantes que celles qui se concentrent sur une seule tâche. Leur attention est plus dispersée, et elles font plus d’erreurs.

Alors, que faire ? La solution est simple : une chose à la fois. Quand vous travaillez sur une tâche importante, coupez les notifications, fermez les onglets inutiles, et concentrez-vous complètement pendant 20 à 30 minutes. Vous verrez que vous finirez plus vite et avec moins de stress.

Ce que la science dit du multitâche

Les recherches en neurosciences sont claires : le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter plusieurs tâches complexes en même temps. Une étude de l’Université du Michigan a montré que le multitâche peut réduire l’efficacité intellectuelle, notamment la capacité à filtrer les informations pertinentes. Les participants qui faisaient plusieurs choses à la fois mettaient plus de temps à terminer leurs tâches et commettaient plus d’erreurs.

Une autre étude, menée par l’Université de Londres, a révélé que les adultes qui font du multitâche pendant des tâches cognitives montrent une baisse de leur QI similaire à celle observée chez des personnes qui ont fumé du cannabis ou qui ont manqué une nuit de sommeil. Ce n’est pas anodin : le multitâche épuise nos ressources mentales.

Pourtant, une nuance importante : certaines activités automatiques, comme marcher et mâcher du chewing-gum, peuvent être réalisées en même temps sans problème. Mais dès qu’une tâche demande de l’attention, le cerveau doit se focaliser. C’est pourquoi il est dangereux d’utiliser son téléphone en conduisant : le cerveau ne peut pas gérer les deux à la fois de manière sûre.

En bref, la science nous dit que pour être productif, il vaut mieux se concentrer sur une seule tâche à la fois. C’est ce qu’on appelle le « monotâche » ou le « travail en profondeur ». Des experts comme Cal Newport recommandent de bloquer des plages horaires dédiées à une seule activité, sans interruption.

Ce qu'on oublie souvent : le coût caché du multitâche

On pense souvent que le multitâche nous fait gagner du temps, mais on oublie le coût mental. Passer d’une tâche à l’autre crée une charge cognitive qui fatigue le cerveau. Résultat : on se sent plus stressé, moins concentré, et on fait plus d’erreurs. À la fin de la journée, on a l’impression d’avoir beaucoup travaillé, mais on a peu accompli.

Un autre aspect oublié : la qualité du travail. Quand on fait plusieurs choses à la fois, on fait souvent du travail « juste assez bon », mais rarement excellent. Les tâches créatives, en particulier, souffrent du multitâche. Pour innover, il faut du temps de réflexion, des moments où l’esprit peut vagabonder. Le multitâche tue cette possibilité.

Enfin, il y a un impact social. Quand on est en réunion et qu’on regarde son téléphone, on n’est pas vraiment présent. Les relations s’en ressentent. Alors, la prochaine fois que vous serez tenté de faire plusieurs choses à la fois, rappelez-vous : vous ne gagnez pas du temps, vous en perdez.

Nuance : le multitâche n'est pas toujours mauvais

Il faut reconnaître que dans certaines situations, le multitâche peut être utile. Par exemple, écouter de la musique en faisant du sport, ou regarder la télé en repassant. Ce sont des activités où une tâche est automatique et l’autre demande peu d’attention. Dans ce cas, le cerveau peut gérer les deux sans trop de perte.

De même, certaines personnes, comme les contrôleurs aériens ou les urgentistes, sont formées à gérer plusieurs informations en même temps. Mais cela demande un entraînement spécifique et des compétences particulières. Pour la plupart d’entre nous, le multitâche n’est pas une compétence innée.

L’important est de savoir quand le multitâche est adapté et quand il ne l’est pas. Pour les tâches complexes, le monotâche est roi. Pour les tâches simples et routinières, on peut se permettre de faire deux choses à la fois. L’essentiel est d’en être conscient et de faire des choix éclairés.

À retenir

Le multitâche ne vous fait pas gagner du temps, bien au contraire. Il réduit votre productivité, augmente le stress et diminue la qualité de votre travail. Pour être plus efficace, concentrez-vous sur une seule tâche à la fois. Coupez les distractions, travaillez par blocs de temps, et accordez-vous des pauses. Vous serez surpris de voir à quel point vous pouvez accomplir plus en faisant moins.

Adoptez le monotâche : c’est une habitude simple qui peut transformer votre quotidien. Et rappelez-vous : votre cerveau vous remerciera.

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