Imaginez un virus qui, au lieu de rendre malade, devienne un allié contre le cancer. C’est le principe de la virothérapie oncolytique. On utilise des virus, souvent modifiés en laboratoire, pour qu’ils infectent spécifiquement les cellules cancéreuses et les fassent éclater de l’intérieur. Le plus connu est un dérivé du virus de l’herpès, mais d’autres virus (réovirus, adénovirus) sont aussi testés.
Un ciblage de précision
Ces virus sont conçus pour reconnaître les cellules tumorales. Comment ? Les cellules cancéreuses ont souvent des anomalies qui les rendent plus vulnérables aux infections virales. Par exemple, elles peuvent manquer de mécanismes de défense antiviraux. Le virus pénètre dans la cellule, s’y multiplie, puis la fait exploser (lyse). Les nouveaux virus libérés infectent alors les cellules voisines, créant une réaction en chaîne.
Un double effet bénéfique
En plus de détruire directement les tumeurs, ces virus stimulent le système immunitaire. En explosant, les cellules cancéreuses libèrent des antigènes tumoraux qui alertent les globules blancs. Ceux-ci apprennent alors à reconnaître et attaquer le cancer, même à distance. C’est ce qu’on appelle un effet vaccinal.
Un exemple concret : le T-VEC (talimogène laherparépvec) est un virus de l’herpès modifié, approuvé aux États-Unis et en Europe pour traiter le mélanome avancé. Injecté directement dans les tumeurs, il a montré une efficacité notable, surtout en combinaison avec l’immunothérapie.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les virus doivent être administrés localement (intratumorale) pour éviter une dispersion dans l’organisme. Et certains cancers sont plus résistants que d’autres. Mais la recherche avance vite, avec de nombreux essais cliniques en cours.








