Depuis des décennies, des études suggéraient que l’aspirine, ce médicament banal présent dans presque toutes les armoires à pharmacie, pouvait réduire le risque de métastases chez certains patients atteints de cancer. Mais personne ne savait vraiment comment. Un mystère scientifique vieux de cinquante ans vient d’être résolu par une équipe de l’Université de Cambridge, et la réponse est aussi élégante que surprenante.
Un mécanisme immunitaire inattendu
L’équipe dirigée par le professeur Rahul Roychoudhuri a découvert que l’aspirine agit en stimulant le système immunitaire. Plus précisément, elle bloque une substance appelée thromboxane A2, produite par les plaquettes sanguines. Normalement, cette substance supprime l’action des cellules T, ces soldats de notre immunité qui traquent et détruisent les cellules cancéreuses. En inhibant la thromboxane, l’aspirine libère les freins du système immunitaire, lui permettant de s’attaquer plus efficacement aux cellules tumorales qui tentent de migrer vers d’autres organes.
Les métastases, cible principale
Les métastases sont responsables de la grande majorité des décès par cancer. Empêcher la propagation est donc un enjeu crucial. L’étude montre que l’aspirine réduit l’incidence des métastases chez la souris, et des analyses sur des échantillons humains confirment le même mécanisme. Attention : cela ne signifie pas que l’aspirine guérit le cancer, ni qu’il faut en prendre sans avis médical. Mais c’est une piste prometteuse pour développer de nouveaux traitements.
Il est essentiel de distinguer cette découverte sérieuse de la désinformation sur les remèdes anticancéreux qui circule en ligne. L’aspirine n’est pas un remède miracle, mais un outil potentiel dans une stratégie globale. De plus, le lien entre stress et cancer est souvent mal compris : le stress chronique peut affaiblir l’immunité, mais ce n’est pas une cause directe.














