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Fake it until you make it : une stratégie qui marche vraiment ?

Faire semblant jusqu'à réussir : mythe ou réalité ? On décortique cette méthode populaire.

Fake it until you make it : qu'est-ce que ça veut dire ?

Vous avez sûrement déjà entendu cette expression anglaise : “Fake it until you make it”. Traduite littéralement, elle signifie “Fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives”. L’idée est simple : en adoptant les attitudes, les comportements ou même la posture d’une personne qui a déjà réussi, vous finirez par acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour vraiment réussir.

Concrètement, cela peut vouloir dire se tenir droit, parler avec assurance, ou postuler à un emploi pour lequel on ne remplit pas toutes les conditions. L’objectif n’est pas de mentir sur ses compétences réelles, mais plutôt de sortir de sa zone de confort en imitant ceux qui nous inspirent. Petit à petit, le cerveau s’habitue à ce nouveau rôle, et la confiance devient réelle.

Cette méthode est souvent utilisée dans le domaine professionnel, mais aussi dans la vie quotidienne : pour gérer son stress avant une prise de parole, pour négocier une augmentation, ou même pour aborder une nouvelle activité sportive. L’idée sous-jacente est que le comportement peut influencer les pensées et les émotions, et pas seulement l’inverse.

Mais est-ce que ça fonctionne vraiment ? Et surtout, comment l’appliquer sans tomber dans l’imposture ?

Que disent les études sur le "Fake it until you make it" ?

Plusieurs recherches en psychologie sociale se sont penchées sur cette idée. L’une des plus connues est l’étude d’Amy Cuddy, professeure à Harvard, sur les “postures de pouvoir”. En 2010, elle a montré que le fait d’adopter une posture expansive et ouverte (comme se tenir droit, les bras écartés) pendant deux minutes augmentait le taux de testostérone (hormone liée à la confiance) et diminuait le cortisol (hormone du stress). Les participants se sentaient alors plus puissants et prenaient plus de risques. Une simple posture pouvait donc influencer leur état d’esprit.

Une autre étude, menée par des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, a examiné l’effet de l’autopersuasion : des personnes qui se répétaient mentalement qu’elles étaient compétentes avant un entretien d’embauche obtenaient de meilleurs résultats que celles qui ne le faisaient pas. Attention, cette technique fonctionne surtout quand on a déjà un minimum de compétences : la confiance seule ne suffit pas si on n’a aucune connaissance du sujet.

En revanche, une étude de 2019 publiée dans le Journal of Experimental Psychology a nuancé ces résultats. Elle a montré que le “fake it” peut parfois se retourner contre nous si nous ressentons un fort décalage entre notre comportement et notre vraie personnalité. Dans ce cas, le stress augmente au lieu de diminuer. Autrement dit, la méthode fonctionne mieux quand on se sent légitime et qu’on a déjà des bases solides.

Finalement, les recherches confirment que l’attitude influence le mental, mais uniquement dans certaines limites. Le “fake it” n’est pas une formule magique : c’est un coup de pouce, pas une solution miracle.

Ce qu'on oublie souvent sur cette méthode

On parle beaucoup de l’idée de “faire semblant”, mais on oublie souvent un point essentiel : cela ne doit pas remplacer le travail réel. Si vous faites semblant d’être compétent sans jamais apprendre, vous risquez de vous retrouver dans une situation embarrassante, ou pire, de développer le syndrome de l’imposteur. Ce sentiment de ne pas mériter sa réussite peut être très néfaste à long terme.

Un autre oubli fréquent : l’authenticité compte. Les gens ressentent quand vous jouez un rôle. Si vous adoptez une attitude trop éloignée de votre personnalité, vous paraîtrez faux, et cela peut nuire à vos relations professionnelles ou personnelles. L’idée n’est pas de devenir quelqu’un d’autre, mais de développer une version plus confiante de vous-même.

Enfin, on oublie que cette méthode demande de la pratique et de la persévérance. On ne devient pas confiant du jour au lendemain. C’est un processus progressif, qui nécessite de sortir régulièrement de sa zone de confort.

Faut-il vraiment "faire semblant" ?

Si l’expression “fake it” peut sembler négative, il faut la comprendre comme une stratégie d’apprentissage plutôt qu’un mensonge. En réalité, il s’agit davantage de “agir comme si” : agir comme si vous étiez déjà la personne que vous voulez devenir. C’est une technique utilisée en thérapie cognitive, appelée “behavioral activation” : en modifiant vos comportements, vous influencez vos émotions et vos pensées.

Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : se forcer à adopter une attitude qui ne nous ressemble pas du tout peut créer un stress supplémentaire. L’équilibre est donc subtil. L’idée n’est pas de mentir, mais de se donner les moyens de grandir en sortant de ses habitudes.

Ce qu'il faut retenir

Le “Fake it until you make it” peut être un outil puissant, à condition de l’utiliser intelligemment. Il ne remplace pas l’apprentissage et la compétence, mais il peut vous aider à franchir un cap, à oser, à gagner en assurance. Les clés pour que ça marche :

  • Garder un objectif clair : ne pas faire semblant pour tromper, mais pour progresser.
  • Se donner le droit à l’erreur : le chemin est plus important que la perfection.
  • Rester authentique : adapter son comportement sans trahir sa personnalité.
  • Apprendre en parallèle : la confiance sans compétence mène à l’échec.

En bref, oui, la méthode fonctionne, mais dans une certaine mesure. Faites semblant, mais n’oubliez pas de devenir.

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