Logo Lupourtoi

Clarifier • Comprendre • Décrypter

Manger du gras ne fait pas grossir : ce qui fait vraiment stocker les kilos

Non, le gras ne fait pas grossir. Ce sont les excès caloriques et les pics d'insuline provoqués par les sucres raffinés qui stockent les graisses.

Pourquoi le gras ne fait pas grossir (et ce qui le fait vraiment)

Pendant des décennies, on nous a répété que manger du gras fait grossir. Résultat : on a supprimé l’huile d’olive, l’avocat, les oléagineux, et on les a remplacés par des produits allégés, souvent bourrés de sucres raffinés. Mais le verdict est tombé : le taux d’obésité a explosé. Alors, qui est le vrai coupable ?

Le gras n’est pas l’ennemi

Notre corps a besoin de lipides pour fonctionner. Ils sont essentiels à la production d’hormones, à l’absorption des vitamines et à la santé des cellules. Les gras sains (comme ceux de l’avocat, de l’huile d’olive ou des noix) ne font pas grossir en eux-mêmes. Ce qui compte, c’est le bilan calorique global et surtout, l’effet des aliments sur notre métabolisme.

Les vrais responsables : calories excédentaires et insuline

Ce qui fait vraiment stocker la graisse, ce sont deux choses :

  • Un excès de calories : si vous mangez plus que ce que vous dépensez, peu importe la source, vous prendrez du poids.
  • Les pics d’insuline : cette hormone, libérée en grande quantité quand on consomme des sucres raffinés (pain blanc, sodas, pâtes, gâteaux), ordonne au corps de stocker les graisses. L’insuline est une véritable hormone de stockage.

Les lipides sains, eux, ne provoquent pas de pic d’insuline. Ils ralentissent même la digestion et procurent une sensation de satiété durable.

Et les graisses saturées ?

Toutes les graisses ne se valent pas. Les graisses trans (dans les fritures industrielles, viennoiseries) sont à éviter. Les graisses saturées (beurre, fromage) peuvent être consommées avec modération, dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Mais les graisses insaturées (huile d’olive, avocat, poisson gras) sont bénéfiques.

En résumé : ne diabolisez pas le gras. Méfiez-vous plutôt des sucres cachés et des aliments ultra-transformés.

Ce que disent les études scientifiques

Les recherches récentes remettent en cause le dogme selon lequel le gras fait grossir. Voici quelques points clés.

L’étude PURE : les graisses ne sont pas liées à la mortalité

Publiée dans The Lancet en 2017, l’étude PURE a suivi plus de 135 000 personnes dans 18 pays. Résultat : une consommation élevée de graisses (y compris saturées) n’était pas associée à un risque accru de décès. En revanche, les glucides raffinés étaient liés à une mortalité plus élevée. Source : The Lancet

Le rôle de l’insuline dans le stockage des graisses

Le Dr. Jason Fung, néphrologue et expert en jeûne intermittent, explique dans son livre The Obesity Code que l’obésité est avant tout une maladie hormonale. L’insuline est l’hormone qui régule le stockage des graisses. Quand elle est élevée en permanence (à cause des sucres raffinés), le corps stocke, même si vous mangez peu de gras.

Les régimes pauvres en gras ne sont pas efficaces

Une méta-analyse de 2015 dans le British Medical Journal a comparé les régimes pauvres en gras aux régimes modérés ou riches en gras. Les régimes pauvres en gras n’ont montré aucun avantage pour la perte de poids à long terme. Source : BMJ

Ces études montrent que le problème n’est pas le gras dans l’assiette, mais la qualité des calories et l’impact des aliments sur notre métabolisme.

Ce qu'on oublie souvent : le contexte global de l'alimentation

Dans le débat sur le gras, on oublie souvent des éléments essentiels :

  • L’effet satiété : les lipides sains (avocat, œufs, huile d’olive) rassasient durablement, ce qui évite les grignotages entre les repas. À l’inverse, les aliments pauvres en gras mais riches en sucre (yaourts allégés, céréales) affament rapidement.
  • L’index glycémique : les sucres raffinés font monter la glycémie en flèche, provoquant une sécrétion massive d’insuline. C’est ce pic qui favorise le stockage. Les graisses, elles, n’ont pas d’effet direct sur la glycémie.
  • La qualité des calories : 100 calories de brocolis n’ont pas le même effet sur le corps que 100 calories de soda. Les aliments complets (dont les lipides naturels) apportent des nutriments et régulent l’appétit.

En diaboliquant le gras, on a poussé les gens à consommer plus de glucides raffinés, ce qui a aggravé l’épidémie d’obésité.

Une nuance importante : tout est question de dose et de contexte

Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Si le gras ne fait pas grossir en soi, il reste très calorique (9 kcal par gramme, contre 4 pour les glucides et protéines). Manger des tonnes d’huile d’olive ou de noix peut conduire à un excès calorique, surtout si vous ne réduisez pas par ailleurs les glucides.

L’idée n’est pas de supprimer les glucides, mais de choisir des glucides complexes et complets (légumes, légumineuses, céréales complètes) et d’éviter les sucres raffinés. Le gras sain peut alors être consommé avec modération, dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

Enfin, le mode de vie global compte : sommeil, stress, activité physique. L’insuline est aussi influencée par le stress et le manque de sommeil.

Ce qu'il faut retenir

Le message est clair : le gras ne fait pas grossir. Ce sont les calories excédentaires et surtout les pics d’insuline provoqués par les sucres raffinés qui stockent la graisse. Voici les points à retenir :

Les lipides sains sont vos alliés

  • Ils sont essentiels pour la santé hormonale et cellulaire.
  • Ils rassasient durablement, ce qui aide à contrôler l’appétit.
  • Ils n’ont pas d’effet négatif sur la glycémie ni sur l’insuline.

Les vrais ennemis : les sucres raffinés et les aliments ultra-transformés

  • Les sodas, jus, pain blanc, pâtes raffinées, gâteaux provoquent des pics d’insuline.
  • L’insuline est une hormone de stockage : elle dit à votre corps de mettre de côté les graisses.
  • Réduire ces aliments est plus efficace que de réduire le gras.

Le contexte global prime

  • Le bilan calorique compte, mais la qualité des calories aussi.
  • Un régime riche en lipides sains et pauvre en sucres raffinés peut aider à perdre du poids sans souffrir.
  • Le sommeil, le stress et l’activité physique influencent aussi l’insuline et le stockage.

En pratique : remplacez les aliments allégés par des aliments complets, ajoutez de l’avocat, de l’huile d’olive, des noix, et réduisez les sucres ajoutés. Votre corps vous remerciera.

N’ayez plus peur du gras : il est temps de réhabiliter les lipides dans notre alimentation.

Qui a redigé cet article ?
Partager sur :

Laisser un commentaire

Du même auteur

Pourquoi il n’y aura jamais de remède miracle contre le cancer (et c’est une bonne nouvelle)
Non, un bonbon ne déclenche pas le diabète de type 1 : voici pourquoi
Os solides sans lait de vache : le grand malentendu du calcium

Lire aussi

Manger du gras ne fait pas grossir : ce qui fait vraiment stocker les kilos
Non, le dédoublement de la personnalité n'est pas la schizophrénie : ce qu'il faut vraiment comprendre
Non, la dépression n'est pas un "manque de volonté" : les vrais mécanismes neurologiques
Améliorer l'article

Aidez-nous à rendre cet article impeccable. Proposez un ajustement ou signalez une erreur en un clin d’œil.

ou sinon
ou