On a tous déjà eu cette pensée : “Les autres sont tellement influençables, ils se font avoir par tout et n’importe quoi. Moi, je vois clair.” C’est rassurant, non ? Mais c’est justement là que le bât blesse.
Ce sentiment d’être immunisé contre les erreurs de jugement, c’est ce qu’on appelle le biais d’aveuglement. En gros, on est très fort pour repérer les failles de raisonnement chez les autres, mais nettement moins chez nous-mêmes.
Imaginez que vous discutiez politique avec un ami. Vous trouvez ses arguments complètement biaisés par son camp. Mais quand c’est vous qui défendez votre opinion, vous êtes sûr d’être objectif. C’est exactement ça, le piège.
Les biais cognitifs sont des raccourcis mentaux que notre cerveau utilise pour gagner du temps. Ils sont universels, personne n’y échappe. Pourtant, on a l’impression que ce sont les autres qui en sont victimes, pas nous. C’est un biais en soi, appelé le biais d’asymétrie.
Alors, pourquoi cette illusion ? Parce que nous avons un accès privilégié à nos propres pensées. On connaît nos intentions, nos doutes, nos raisonnements. Mais pour les autres, on ne voit que le résultat final, souvent jugé plus sévèrement.
Reconnaître qu’on est tous concernés, c’est déjà un grand pas. Cela nous rend plus humbles et plus ouverts à la discussion. Et ça, c’est une force.










