Vous avez probablement déjà entendu ce conseil : “Attention, un verre en avion en vaut deux !” L’idée est séduisante : à 10 000 mètres d’altitude, notre corps réagirait plus fortement à l’alcool. Mais qu’en est-il vraiment ?
Un mythe qui a la vie dure
Cette croyance est si répandue qu’elle est devenue une sorte de sagesse populaire chez les voyageurs. On l’explique souvent par le manque d’oxygène en altitude, qui “affaiblirait” le cerveau et le rendrait plus sensible à l’alcool. Pourtant, les études scientifiques menées en laboratoire racontent une tout autre histoire. En réalité, le taux d’alcool dans le sang (alcoolémie) augmente exactement de la même manière, que vous soyez au niveau de la mer ou à 10 000 mètres. Alors, d’où vient cette impression d’être ivre plus vite ?
Le rôle de l’oxygène dans la cabine
Dans un avion, la cabine est pressurisée, mais pas à la pression du niveau de la mer. Elle correspond à une altitude d’environ 2 400 mètres. Cette différence entraîne une légère baisse de l’oxygène dans le sang, un phénomène appelé hypoxie légère. Cette hypoxie peut provoquer des symptômes comme des maux de tête, une somnolence ou une baisse de la vigilance. Ces sensations imitent ou amplifient les effets subjectifs de l’alcool. Résultat : vous vous sentez ivre, mais votre alcoolémie est normale. C’est un peu comme si votre cerveau “confondait” les deux états.
Un exemple concret pour comprendre
Imaginez deux personnes : l’une boit un verre de vin au sol, l’autre boit le même verre en avion. Leur taux d’alcoolémie sera identique une heure plus tard. Pourtant, la personne en avion ressentira probablement plus de fatigue, de légers vertiges ou une baisse d’attention. Ces symptômes, ajoutés à ceux de l’alcool, donnent l’impression d’être plus ivre. C’est pourquoi on conseille de modérer sa consommation en vol : non pas parce que l’alcool est plus fort, mais parce que l’environnement amplifie ses effets.









