Une idée séduisante mais trop simple
Pendant des décennies, on nous a répété que la dépression était due à un déséquilibre chimique dans le cerveau, notamment un manque de sérotonine. Cette explication a envahi les magazines, les cours de biologie et même les cabinets médicaux. Pourtant, les neuroscientifiques savent depuis longtemps que c’est une simplification excessive. La réalité est bien plus complexe et fascinante.
Les limites des antidépresseurs IRS
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), comme le Prozac, augmentent le taux de sérotonine dans le cerveau. Mais si le problème était simplement un manque de sérotonine, ces médicaments devraient fonctionner pour tout le monde. Or :
- Environ 30 % des patients ne répondent pas aux ISRS.
- Ceux qui répondent mettent souvent plusieurs semaines à ressentir un effet, ce qui est étrange si l’action est immédiate sur la sérotonine.
- Des études montrent que baisser artificiellement la sérotonine chez des volontaires sains ne provoque pas systématiquement de dépression.
Si la sérotonine joue un rôle, elle n’est qu’une pièce du puzzle.






