Dans notre société moderne, le temps est une denrée rare. On cherche constamment à en gagner, quitte à rogner sur le sommeil. L’idée que dormir moins permettrait d’en faire plus est séduisante. Après tout, si on dort six heures au lieu de huit, on gagne deux heures par jour, soit quatorze heures par semaine. De quoi finir ce projet, répondre à tous ces e-mails, ou avancer dans cette lecture.
Pourtant, cette équation est trop simple. Notre corps et notre cerveau ne fonctionnent pas comme des machines qu’on peut faire tourner sans carburant. Le sommeil n’est pas une pause, mais un processus actif de récupération et de consolidation. Sans lui, nos performances chutent, notre humeur se dégrade, et notre santé en pâtit.
De nombreux dirigeants, artistes ou entrepreneurs vantent les mérites de se lever tôt et de travailler tard. Mais ces témoignages ne sont pas des preuves scientifiques. Ils cachent souvent une réalité plus complexe : certains ont des besoins de sommeil réduits, d’autres compensent avec des siestes, et beaucoup finissent par s’épuiser.






