logo-lu-pour-toi-original (Personnalisé)

Clarifier • Comprendre • Décrypter

Le mythe du multitâche : pourquoi faire plusieurs choses à la fois vous ralentit

Le multitâche est souvent perçu comme un atout, mais les neurosciences montrent qu'il réduit l'efficacité. Explications.

Le multitâche est-il vraiment efficace ?

On a tous·tes cette image du super-héros ou de la super-héroïne du bureau, capable de répondre aux mails tout en téléphonant, en pianotant sur un tableau Excel, et en avalant un café. Pourtant, cette image est un leurre. Les neurosciences sont formelles : notre cerveau n’est pas conçu pour traiter plusieurs tâches complexes en même temps. Ce qu’on appelle multitâche est en réalité une alternance rapide entre différentes activités. Et ce va-et-vient a un coût : le temps perdu à se reconcentrer, la fatigue mentale, et une qualité de travail moindre.

Imaginez que vous conduisez et que vous envoyez un texto. Même si vous êtes un·e expert·e, votre attention est divisée, et votre temps de réaction augmente. C’est la même chose au travail : jongler entre des tâches cognitives diminue votre performance globale. Plusieurs études, dont une de l’Université de Stanford, montrent que les personnes qui se disent expertes en multitâche sont en réalité moins performantes que celles qui se concentrent sur une seule chose à la fois.

Alors, pourquoi avons-nous cette impression d’être plus productif·ve en faisant plusieurs choses à la fois ? Parce que le changement rapide crée une illusion de vitesse et une petite satisfaction dopamine. Mais sur le long terme, c’est contre-productif. La solution ? Pratiquer le monotâche : une seule activité, en pleine conscience, jusqu’à ce qu’elle soit terminée ou que vous décidiez de passer à autre chose délibérément.

Ce que disent les recherches sur le multitâche

Les recherches en neurosciences cognitives sont claires : le cerveau humain ne peut pas traiter deux tâches complexes simultanément. Ce qu’on appelle multitâche est en fait du changement de contexte rapide. Chaque fois qu’on passe d’une tâche à l’autre, le cerveau doit se réorienter, ce qui prend du temps et de l’énergie. Une étude de l’Université de l’Utah a montré que les conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant ont un temps de réaction aussi mauvais que s’ils étaient ivres.

Une autre recherche, menée par l’Université de Stanford, a comparé des personnes qui se disent expertes en multitâche avec celles qui préfèrent se concentrer sur une seule tâche. Résultat : les « experts » étaient en réalité moins bons pour filtrer les informations pertinentes et pour passer d’une tâche à l’autre. Leur cerveau était plus distrait par des informations non pertinentes.

Enfin, une équipe de l’Université de Londres a découvert que le multitâche peut réduire le QI de plusieurs points, de manière similaire à une nuit blanche. Ces résultats remettent en cause l’idée reçue que le multitâche est une compétence valorisable. Au contraire, il semble nuire à la productivité et à la qualité du travail.

Le coût caché du multitâche

Ce qu’on oublie souvent, c’est que le multitâche n’est pas seulement inefficace : il est aussi épuisant. Le coût du changement de contexte se cumule et génère une fatigue mentale importante. À la fin de la journée, on peut avoir l’impression d’avoir beaucoup travaillé, mais en réalité, on a moins avancé sur les tâches importantes. De plus, le multitâche favorise les erreurs et les oublis. Combien de fois avez-vous oublié un détail important parce que vous étiez interrompu·e par une notification ?

Il y a aussi un aspect émotionnel : se sentir constamment interrompu·e et dispersé·e augmente le stress et l’anxiété. On perd le sentiment de maîtrise de son travail. Et paradoxalement, on peut même se sentir coupable de ne pas en faire assez, alors qu’on est déjà surchargé·e.

Nuance : le multitâche n'est pas toujours mauvais

Bien sûr, il faut nuancer. Certaines tâches peuvent être combinées sans trop de perte d’efficacité, notamment quand l’une d’elles est automatique ou peu exigeante cognitivement. Par exemple, écouter un podcast en faisant la vaisselle ou en courant. De même, des activités comme marcher et parler en même temps sont possibles parce que la marche est largement automatisée.

Mais dès qu’une tâche nécessite une attention soutenue, comme lire un rapport ou rédiger un email important, il est préférable de s’y consacrer pleinement. L’idée n’est pas de diaboliser toute forme de simultanéité, mais d’être conscient·e de ses limites et de choisir délibérément quand et comment combiner des activités.

À retenir : concentrez-vous sur une chose à la fois

En résumé, le multitâche est un mythe qui nous fait perdre du temps et de l’énergie. Pour être vraiment efficace, privilégiez le monotâche : une seule activité à la fois, en pleine concentration. Vous travaillerez mieux, plus vite, et avec moins de stress. Alors, la prochaine fois que vous serez tenté·e de faire plusieurs choses à la fois, rappelez-vous que votre cerveau n’est pas un ordinateur, et que c’est en se concentrant qu’on produit le meilleur travail.

Qui a redigé cet article ?
Partager sur :

Laisser un commentaire

Du même auteur

Le sucre, une drogue aussi addictive que la cocaïne ?
Être occupé signifie-t-il forcément être stressé ?
Non, être fatigué ne veut pas dire que vous manquez de motivation

Lire aussi

Le cerveau s'habitue-t-il vraiment au manque de sommeil ?
Les gens productifs dorment très peu : mythe ou réalité ?
Faire une sieste rend paresseux : mythe ou réalité ?
Améliorer l'article

Aidez-nous à rendre cet article impeccable. Proposez un ajustement ou signalez une erreur en un clin d’œil.

ou sinon
ou