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Le gaslighting est-il vraiment si rare ?

Le gaslighting serait rare, vraiment ? Entre idées reçues et réalité, on fait le point.
Le gaslighting est-il vraiment si rare ?

Qu'est-ce que le gaslighting ?

Le gaslighting est une forme de manipulation mentale où une personne amène une autre à douter de sa propre perception de la réalité. Concrètement, le manipulateur va nier des faits, minimiser des émotions ou même réécrire l’histoire pour faire perdre pied à sa victime. Par exemple, si vous dites « Tu m’as dit ça hier », l’autre répond « Mais non, tu inventes, tu es trop sensible ». Petit à petit, vous finissez par ne plus vous fier à votre propre jugement.

Ce terme vient d’une pièce de théâtre puis d’un film, « Gaslight », où un mari manipule son épouse en baissant l’intensité des lampes à gaz tout en niant le changement. La femme croit alors devenir folle. Aujourd’hui, le mot est utilisé dans les relations amoureuses, familiales, professionnelles, voire politiques.

Mais le gaslighting est-il vraiment une pratique rare ? Beaucoup pensent que c’est un phénomène marginal, réservé à des cas extrêmes. Pourtant, des études récentes montrent qu’il est plus courant qu’on ne le croit. Une enquête de l’université de Stanford a révélé que près de 40% des femmes et 30% des hommes déclarent avoir subi au moins une forme de gaslighting dans leur vie.

La littérature scientifique disponible

Les recherches en psychologie sociale montrent que le gaslighting n’est pas un phénomène rare. Une étude publiée dans le Journal of Social and Personal Relationships a interrogé plus de 2 000 personnes sur leurs expériences relationnelles. Résultat : 25% des participants ont reconnu avoir utilisé des tactiques de gaslighting, et 40% en ont été victimes.

Ces chiffres peuvent surprendre, car le gaslighting est souvent invisible. Contrairement à une dispute ouverte, il s’installe lentement, par des petites phrases, des regards, des silences. Les victimes mettent du temps à réaliser ce qui leur arrive. De plus, le terme lui-même est peu connu du grand public, ce qui rend difficile l’identification du phénomène.

Une autre recherche menée par l’université de l’Indiana a montré que le gaslighting est particulièrement fréquent dans les relations de couple où il existe un déséquilibre de pouvoir. Mais on le retrouve aussi dans les relations parents-enfants, entre amis, et au travail. Dans les environnements professionnels, par exemple, un supérieur peut nier avoir donné une instruction, faisant douter le subordonné de ses compétences.

Il faut aussi noter que le gaslighting n’est pas toujours intentionnel. Parfois, la personne qui manipule n’a pas conscience de le faire. Cela ne change rien pour la victime, mais cela complexifie la prévention.

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Pourquoi l'idée que c'est rare persiste

L’idée que le gaslighting est rare vient sans doute du fait qu’on en parle peu. Les victimes hésitent à raconter leur expérience, de peur de ne pas être crues. Et quand elles le font, on leur répond souvent : « Mais non, il/elle exagère, ce n’est pas si grave ». Ce déni collectif renforce le sentiment d’isolement.

De plus, le gaslighting est subtil. Il ne laisse pas de traces visibles comme une ecchymose. Il ronge de l’intérieur. Beaucoup de personnes qui en souffrent ne savent même pas que cela a un nom. Elles se disent simplement qu’elles sont « trop sensibles » ou qu’elles « imaginent des choses ».

Enfin, les médias et la culture populaire ont tendance à représenter le gaslighting sous des formes extrêmes, comme dans les films à suspense. Cela donne l’impression que c’est un phénomène rare, alors que les formes quotidiennes sont bien plus fréquentes.

Tous les désaccords ne sont pas du gaslighting

Attention à ne pas tout confondre. Avoir un désaccord avec quelqu’un, ou se souvenir différemment d’un événement, ce n’est pas forcément du gaslighting. Le gaslighting implique une intention de déstabiliser l’autre, de le faire douter de sa santé mentale. C’est une manipulation répétée et systématique.

Dans une relation saine, on peut dire « Je ne suis pas d’accord avec ta version des faits » sans que cela devienne toxique. La différence, c’est que dans le gaslighting, l’autre nie votre réalité de façon persistante, jusqu’à ce que vous vous sentiez confus et que vous remettiez en question votre propre jugement.

Il est donc important de garder un regard nuancé. Tous les conflits ne sont pas du gaslighting, mais le gaslighting est plus courant qu’on ne le pense. Savoir le reconnaître permet de ne pas tomber dans la paranoïa, tout en restant vigilant.

La synthèse

Le gaslighting n’est pas rare. Les études montrent qu’il touche une part significative de la population, même si beaucoup n’en ont pas conscience. L’idée que c’est un phénomène marginal est un mythe qui empêche les victimes de reconnaître ce qu’elles vivent et de chercher de l’aide.

Si vous doutez de votre propre perception des choses, si vous vous sentez souvent confus après une conversation, si on vous dit régulièrement que vous exagérez ou que vous inventez, il est possible que vous soyez victime de gaslighting. En parler à un professionnel (psychologue, association d’aide aux victimes) peut vous aider à y voir plus clair.

Et rappelez-vous : votre réalité compte. Vous n’êtes pas fou(le).

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