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Le mythe du multitâche : pourquoi votre cerveau n’est pas fait pour faire plusieurs choses à la fois

Le multitâche n'est pas efficace : il réduit la productivité et augmente les erreurs. Découvrez pourquoi.

Le multitâche : une illusion d'efficacité

Vous arrive-t-il de répondre à des emails tout en écoutant une réunion en ligne, ou de consulter votre téléphone en regardant la télévision ? Beaucoup de gens pensent que faire plusieurs choses à la fois est un signe d’efficacité. Pourtant, les recherches en neurosciences montrent que notre cerveau n’est pas conçu pour le multitâche. En réalité, ce que nous appelons multitâche est en fait une alternance rapide entre différentes tâches, ce qui fatigue le cerveau et réduit la qualité du travail.

Quand on essaie de faire deux choses en même temps, le cerveau doit constamment passer d’une tâche à l’autre. Ce processus, appelé « changement de contexte », consomme de l’énergie et du temps. Résultat : on met plus de temps à accomplir chaque tâche, et on commet plus d’erreurs. Une étude de l’Université de Stanford a montré que les personnes qui se considèrent comme de grands multitâches sont en réalité moins performantes que celles qui se concentrent sur une seule chose à la fois.

Alors, pourquoi avons-nous l’impression d’être plus productifs ? Parce que le multitâche donne une sensation de stimulation constante. Mais cette stimulation a un coût : elle augmente le stress et diminue la capacité à approfondir un sujet. En fin de compte, le multitâche n’est pas une compétence à cultiver, mais une habitude à perdre pour gagner en efficacité.

Ce que disent les neurosciences

Les neuroscientifiques ont étudié le cerveau pendant le multitâche à l’aide d’IRM fonctionnelles. Leurs découvertes sont claires : le cerveau n’exécute pas plusieurs tâches simultanément. Au lieu de cela, il bascule rapidement entre elles. Ce basculement se produit dans le cortex préfrontal, une région impliquée dans la prise de décision et l’attention. Chaque fois que nous changeons de tâche, le cerveau doit se réorienter, ce qui prend du temps et de l’énergie.

Une expérience célèbre de l’Université de Californie à Los Angeles a montré que les étudiants qui faisaient du multitâche pendant un cours retenaient moins d’informations que ceux qui se concentraient uniquement sur le cours. De plus, une étude de l’Université de l’Utah a révélé que conduire en téléphonant (même en kit mains libres) réduit la capacité à réagir aux dangers, car le cerveau ne peut pas gérer les deux activités à pleine puissance.

Les experts comparent le multitâche à jongler : on peut lancer plusieurs balles, mais on ne peut pas les attraper toutes en même temps. À un moment donné, une balle tombe. Dans le travail, cela se traduit par des erreurs, des oublis et une baisse de qualité. Alors que la concentration sur une seule tâche permet d’atteindre un état de « flow », où l’on est pleinement absorbé et plus performant.

Le coût caché du multitâche

Ce qu’on oublie souvent, c’est que le multitâche a un coût sur notre bien-être. En passant constamment d’une activité à l’autre, on active le système de stress du cerveau. Le cortisol, l’hormone du stress, augmente, ce qui peut entraîner fatigue, irritabilité et à long terme des problèmes de santé.

De plus, le multitâche nous empêche de vraiment profiter du moment présent. Quand on écoute une personne tout en regardant son téléphone, on ne l’écoute pas vraiment. Les relations en pâtissent, et la qualité de notre travail aussi. On sacrifie la profondeur pour la superficialité. Pourtant, dans un monde qui valorise la réactivité, il est tentant de vouloir tout faire en même temps. Mais cette habitude nous épuise plus qu’elle ne nous sert.

Et si le multitâche était parfois utile ?

Bien sûr, il y a des situations où le multitâche peut sembler inévitable. Par exemple, écouter de la musique en faisant du sport, ou répondre à un message rapide pendant une pause. Mais attention : les tâches automatiques (comme marcher) peuvent être combinées sans trop de problème, car elles ne mobilisent pas beaucoup d’attention. Le problème survient quand on essaie de faire deux tâches qui demandent toutes les deux de la concentration.

Il faut aussi distinguer le multitâche du « task switching » : certaines personnes sont plus douées pour passer rapidement d’une tâche à l’autre, mais cela reste coûteux. L’idéal est de regrouper les tâches similaires (par exemple, traiter tous les emails à un moment précis) et de se réserver des plages de concentration sans interruption.

À retenir

Le multitâche n’est pas une compétence à valoriser. Il réduit notre efficacité, augmente le stress et nous empêche d’atteindre un travail de qualité. Notre cerveau fonctionne mieux quand on se concentre sur une chose à la fois. Alors, la prochaine fois que vous serez tenté de faire plusieurs choses en même temps, rappelez-vous que vous serez plus productif en vous focalisant sur une seule tâche. Essayez de dédier des blocs de temps à une activité sans distractions, et vous verrez la différence.

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