En 2012, une conférence TED d’Amy Cuddy devient virale : elle affirme que des postures de pouvoir (comme se tenir debout, les mains sur les hanches) augmentent la testostérone et réduisent le cortisol, l’hormone du stress. L’idée séduit : un simple ajustement corporel pourrait transformer notre chimie interne.
Une promesse séduisante mais fragile
L’étude originale, publiée en 2010, montrait des résultats spectaculaires. Pourtant, dès 2015, les premières tentatives de reproduction échouent. Les chercheurs ne retrouvent ni les variations hormonales ni les changements de comportement annoncés.
Le problème des échantillons trop petits
L’échantillon de l’étude initiale était très limité (42 participants). Des analyses statistiques ultérieures ont montré que les effets rapportés étaient probablement dus au hasard. C’est un exemple classique de mécanismes de persistance des mythes : une idée séduisante se propage bien plus vite que sa réfutation.
Un effet subjectif bien réel
Malgré l’absence de preuves biologiques, de nombreuses personnes ressentent une augmentation de leur confiance après avoir adopté une posture expansive. Ce phénomène s’explique par la cognition incarnée : notre cerveau associe certaines postures à des états émotionnels. L’effet est subjectif, pas hormonal. Cela suffit à en faire un outil utile, à condition de ne pas lui prêter des pouvoirs qu’il n’a pas.










