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Le succès crée-t-il vraiment la confiance ?

On croit souvent que le succès apporte la confiance. Mais la réalité est plus nuancée.

Succès et confiance : une relation à double sens

On entend souvent dire : « Réussis d’abord, la confiance viendra ensuite. » C’est une idée répandue, presque un slogan. Mais est-ce vraiment vrai ? Le succès est-il la clé qui ouvre la porte de la confiance en soi ?

Prenons un exemple simple. Imaginez quelqu’un qui apprend à faire du vélo. La première fois, il tombe, il doute. Puis, après plusieurs essais, il parvient à pédaler sans tomber. Ce petit succès lui donne envie d’essayer encore. Peu à peu, il gagne en assurance. Dans ce cas, le succès a effectivement renforcé la confiance.

Mais regardez autre chose : un musicien qui doit jouer en public. S’il n’a pas confiance en lui avant de monter sur scène, il risque de jouer moins bien, de faire des erreurs. Son succès dépend alors de sa confiance initiale. La relation n’est pas à sens unique.

En réalité, la confiance et le succès s’influencent mutuellement. Parfois, un petit succès donne un coup de pouce. Mais parfois, c’est la confiance qui permet de saisir les opportunités qui mènent au succès. C’est un cercle vertueux, mais qui peut aussi être vicieux si l’on attend d’avoir réussi pour oser.

Ce que disent les recherches sur le lien entre succès et confiance

Les psychologues se sont penchés sur cette question. L’un des concepts les plus connus est celui de la « prophétie autoréalisatrice ». Si vous croyez que vous allez réussir, vous agirez en conséquence, et vos actions augmenteront vos chances de succès. À l’inverse, si vous doutez de vous, vous éviterez peut-être de prendre des risques, ce qui réduira vos chances.

Une étude célèbre de Bandura (1977) sur le sentiment d’efficacité personnelle montre que la confiance en sa capacité à accomplir une tâche est un bon prédicteur de la réussite. Autrement dit, croire en soi peut précéder le succès. Mais Bandura souligne aussi que les expériences de réussite passées renforcent ce sentiment d’efficacité. Donc, les deux s’alimentent.

D’autres recherches indiquent que le succès peut parfois nuire à la confiance. Par exemple, si quelqu’un réussit sans effort, il peut attribuer son succès à la chance et non à ses compétences. Dans ce cas, la confiance ne progresse pas. De plus, un succès trop facile peut rendre vulnérable face à l’échec futur.

Enfin, la culture joue un rôle. Dans certaines sociétés, on valorise davantage l’effort que le résultat. La confiance y est moins liée au succès qu’à la persévérance.

Ce qu'on oublie souvent : la confiance avant le succès

On a tendance à idolâtrer le succès. On regarde les personnes qui ont réussi et on se dit qu’elles ont confiance parce qu’elles ont gagné. Mais on oublie le chemin. Beaucoup de gens qui réussissent avaient déjà une certaine confiance avant de connaître le succès. Sinon, comment auraient-ils osé se lancer ?

Prenons l’exemple d’un entrepreneur. Avant de fonder sa startup, il n’a pas de succès à montrer. Pourtant, il doit convaincre des investisseurs, recruter des talents. Il a besoin de confiance pour démarrer. Cette confiance vient souvent de petites victoires antérieures, de compétences acquises, ou simplement d’une vision claire.

Attendre d’avoir réussi pour avoir confiance, c’est un peu comme attendre d’être en forme pour faire du sport. Parfois, il faut commencer avec ce qu’on a, même si on doute. La confiance se construit aussi dans l’action, pas seulement dans les résultats.

Nuance : le succès peut aussi fragiliser la confiance

Attention à ne pas tomber dans le piège inverse : croire que le succès est une garantie de confiance durable. En réalité, le succès peut être un cadeau empoisonné. Quand on réussit, la pression monte. On craint de ne pas être à la hauteur la prochaine fois. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur : se sentir comme un fraudeur, même après des réussites.

De plus, si le succès est dû à des circonstances extérieures (conjoncture, aide d’autrui), il ne renforce pas la confiance intérieure. On peut se dire : « J’ai eu de la chance, mais je ne suis pas vraiment compétent. »

Enfin, l’échec après un succès peut être particulièrement déstabilisant. La chute est plus dure. La confiance peut alors s’effondrer plus vite que si l’on avait connu des hauts et des bas réguliers.

À retenir : la confiance se cultive, avec ou sans succès

Le succès peut aider à construire la confiance, mais ce n’est pas une condition nécessaire. La confiance se nourrit aussi d’efforts, d’apprentissages, de relations de soutien et d’une bonne connaissance de soi.

Plutôt que d’attendre passivement le succès pour oser, on peut agir : se fixer des objectifs réalisables, célébrer les petites victoires, accepter les échecs comme des leçons. Chaque pas compte.

En fin de compte, la confiance n’est pas un état définitif, mais un muscle qui se travaille. Le succès en est un des carburants, mais pas le seul. Et parfois, c’est en ayant confiance qu’on crée les conditions du succès.

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