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Les personnes performantes ne procrastinent jamais : mythe ou réalité ?

Arrêtez de croire que les gens performants ne procrastinent jamais. La vérité est plus nuancée et bien plus utile.

Ce qu'on entend souvent sur la procrastination

Combien de fois avez-vous entendu cette phrase : “Les personnes qui réussissent ne remettent jamais au lendemain” ? C’est une idée très répandue, mais est-elle vraiment vraie ?

On imagine souvent que les gens performants sont des machines, capables de s’attaquer à chaque tâche sans jamais traîner. Pourtant, la réalité est bien différente. La procrastination n’est pas une question de paresse, mais plutôt une réponse émotionnelle face à une tâche qui nous semble désagréable, difficile ou ennuyeuse.

Même les PDG, les sportifs de haut niveau ou les artistes reconnus connaissent des moments où ils repoussent certaines actions. La différence ? Ils ont développé des astuces pour ne pas se laisser piéger longtemps.

Par exemple, une étude de l’Université de Calgary a montré que les étudiants qui procrastinent le moins ne sont pas ceux qui ont le plus de volonté, mais ceux qui s’acceptent et se pardonnent leurs petits écarts. C’est contre-intuitif, non ?

Alors, arrêtons de croire au mythe de la personne parfaitement productive. La procrastination fait partie de l’expérience humaine. L’important n’est pas de l’éliminer complètement, mais de comprendre pourquoi on le fait et comment la gérer.

Ce que la science nous apprend sur la procrastination

Plusieurs recherches en psychologie éclairent ce phénomène. La procrastination est souvent liée à la régulation des émotions. Quand une tâche nous stresse ou nous ennuie, notre cerveau cherche une récompense immédiate (scroller sur les réseaux, regarder une vidéo) pour se sentir mieux.

Une étude de l’Université de Carleton a suivi des étudiants sur un semestre. Résultat : ceux qui procrastinaient le plus avaient des niveaux de stress plus élevés à la fin, mais aussi des notes plus basses. Pourtant, ces mêmes étudiants n’étaient pas moins motivés que les autres. Le problème était leur incapacité à gérer l’inconfort initial de la tâche.

Autre découverte intéressante : la procrastination n’est pas un trait de caractère fixe. Dans une expérience menée par des chercheurs de l’Université de Zurich, on a demandé à des participants de planifier des tâches précises (quand, où, comment). Ce simple plan d’action a réduit leur procrastination de 50 %.

Enfin, les neurosciences montrent que notre cortex préfrontal, responsable de la planification, entre en conflit avec notre système limbique, qui cherche le plaisir immédiat. Les personnes performantes ont simplement appris à court-circuiter ce conflit en rendant les tâches plus concrètes et moins menaçantes.

En résumé : la procrastination est un mécanisme normal, mais on peut l’apprivoiser avec des techniques simples et validées par la science.

Ce qu'on oublie souvent sur la procrastination

On parle beaucoup de la procrastination comme d’un ennemi à abattre. Mais on oublie parfois qu’elle peut être un signal d’alarme utile. Quand on repousse sans cesse une tâche, c’est peut-être qu’elle ne correspond pas à nos valeurs réelles, ou qu’on a besoin de plus de clarté.

Par ailleurs, la procrastination peut aussi être un moment de réflexion inconsciente. Beaucoup de créatifs disent que leurs meilleures idées leur viennent justement quand ils “traînent” un peu. Le cerveau continue de travailler en arrière-plan.

Enfin, il est important de se rappeler que la performance n’est pas une course contre la montre. Être performant, c’est aussi savoir prioriser, déléguer et parfois… laisser tomber certaines tâches. La perfection n’existe pas.

Nuance : tout le monde procrastine, mais pas de la même façon

Il serait faux de dire que les personnes performantes ne procrastinent jamais. Elles le font, mais différemment. Elles procrastinent sur des tâches secondaires pour se concentrer sur l’essentiel. Par exemple, un entrepreneur peut remettre à plus tard le classement de ses emails pour finaliser un projet important.

Elles utilisent aussi des stratégies comme la règle des deux minutes (si une tâche prend moins de deux minutes, on la fait tout de suite) ou le time-blocking (réserver des créneaux fixes pour chaque activité).

Enfin, elles savent se pardonner. La culpabilité après une procrastination est souvent plus néfaste que la procrastination elle-même. En s’acceptant, on réduit le stress et on retrouve plus vite la motivation.

À retenir

La procrastination n’est pas un signe de faiblesse ou d’échec. C’est un comportement humain, que même les plus performants connaissent. La clé n’est pas de l’éliminer, mais de comprendre pourquoi on procrastine et d’utiliser des astuces simples pour la réduire.

Acceptez que vous n’êtes pas une machine. Fixez-vous des objectifs concrets, découpez les tâches en petites étapes, et surtout, soyez indulgent avec vous-même. La performance durable passe par une bonne relation avec soi-même, pas par la perfection.

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