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Non, les likes ne rendent pas votre cerveau accro (vraiment)

Et si les likes n'avaient pas autant d'effet sur notre cerveau qu'on le croit ? Les études récentes bousculent les idées reçues.
Non, les likes ne rendent pas votre cerveau accro (vraiment)

Pourquoi on croit que les likes nous rendent accros ?

On entend souvent cette phrase : « Les likes activent la dopamine dans le cerveau ». C’est devenu une explication toute faite pour justifier notre attirance pour les réseaux sociaux. Mais est-ce vraiment vrai ?

Prenons un exemple concret. Vous postez une photo, vous recevez des notifications. Vous ressentez une petite satisfaction. On vous dit que c’est la dopamine, le fameux « neurotransmetteur du plaisir ». Sauf que les choses sont plus complexes.

En réalité, la dopamine n’est pas seulement liée au plaisir. Elle est surtout impliquée dans l’anticipation et la motivation. Quand vous attendez un like, c’est l’attente qui active la dopamine, pas le like lui-même. Et encore, les études récentes montrent que cet effet est très limité.

Un chercheur en neurosciences, John Salamone, explique même que la dopamine est davantage liée à l’effort qu’à la récompense. Bref, le lien entre likes et addiction chimique est loin d’être aussi fort qu’on le prétend.

Alors pourquoi cette idée persiste ? Parce qu’elle est simple et qu’elle flatte notre besoin de trouver des explications biologiques à nos comportements. Mais la réalité est plus nuancée.

Les travaux scientifiques sur le cerveau

Plusieurs études ont tenté de mesurer l’effet des likes sur l’activité cérébrale. Une recherche de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a observé l’activité cérébrale d’adolescents sur Instagram. Résultat : voir ses propres photos avec beaucoup de likes active certaines régions du cerveau, mais pas de manière exceptionnelle. C’est comparable à voir une image agréable, sans plus.

Une autre étude, menée par l’Université de Harvard, a utilisé l’IRMf pour analyser le cerveau de personnes recevant des likes sur un réseau social expérimental. Là encore, l’activation était modeste et ne ressemblait pas à celle observée dans les addictions avérées (comme la cocaïne ou le jeu).

En réalité, le vrai moteur de notre attirance pour les likes, c’est le besoin d’appartenance sociale. Notre cerveau est programmé pour chercher l’approbation du groupe, un mécanisme ancestral bien plus puissant qu’une simple poussée de dopamine.

Les neuroscientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que le concept d’« addiction aux likes » est exagéré. Il y a bien une petite boucle de récompense, mais elle est faible et ne provoque pas de dépendance chimique comparable aux drogues. Ce qui nous fait revenir sur les réseaux, c’est surtout l’habitude et le contexte social.

Le vrai rôle du contexte et des habitudes

Quand on parle de likes, on oublie souvent que notre comportement est surtout dicté par l’environnement. Si vous ouvrez Instagram vingt fois par jour, ce n’est pas parce que votre cerveau est « accro à la dopamine », mais parce que vous avez pris l’habitude de le faire, comme on vérifie sa boîte mail ou son téléphone.

Les habitudes sont des automatismes. Elles se créent par répétition, pas par une dépendance chimique. Le contexte (une notification, un moment d’ennui) déclenche l’action, pas un besoin irrépressible.

En fait, les likes sont surtout un indicateur social. Ils nous donnent une information sur la façon dont les autres nous perçoivent. C’est ce qui nous intéresse, bien plus qu’une hypothétique décharge de dopamine. Réduire cela à une simple réaction chimique, c’est simplifier à l’extrême la complexité de notre psychologie.

Les likes ont-ils un impact, même faible ?

Attention, cela ne veut pas dire que les likes n’ont aucun effet. Ils en ont un, mais il est modéré. Une étude de l’Université de Montréal a montré que recevoir des likes peut améliorer l’humeur à court terme, surtout chez les personnes sensibles au regard des autres. Mais cet effet est comparable à celui d’un compliment ou d’un sourire. Rien de comparable à une drogue.

Le problème, c’est que les discours alarmistes sur l’addiction aux likes créent une peur infondée. On finit par croire que notre cerveau est manipulé par des algorithmes, alors que nous gardons une grande part de libre arbitre. Les likes sont un outil social, pas une substance addictive.

Alors oui, ils peuvent nous faire plaisir, mais ils ne « piratent » pas notre cerveau. La meilleure preuve : la plupart d’entre nous peuvent s’en passer sans souffrance. Si vous doutez, essayez une semaine sans like. Vous verrez que votre cerveau ne réclame pas.

Les likes ne sont pas une drogue

En résumé : les likes n’affectent pas le cerveau comme on le dit souvent. Ils activent des circuits sociaux, mais pas de manière addictive. Les études sérieuses montrent un effet faible, sans commune mesure avec les vraies addictions.

Ce qui nous fait revenir sur les réseaux, c’est surtout l’habitude et le besoin d’appartenance, pas une dépendance chimique. Alors la prochaine fois qu’on vous dit que les likes « dopaminent » votre cerveau, vous pourrez sourire et nuancer.

Et si vous voulez vraiment comprendre votre usage des réseaux, regardez du côté de vos habitudes et de votre environnement, pas de vos neurones.

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