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Non, les écrans ne détruisent pas votre capacité à vous concentrer

Contrairement aux idées reçues, les écrans ne nuisent pas à la concentration profonde. Voici pourquoi.

Pourquoi ce mythe persiste-t-il ?

On entend souvent dire que les écrans fragmentent notre attention, nous rendent incapables de nous concentrer longtemps. Pourtant, regardons les choses en face : un joueur d’échecs en ligne peut rester des heures devant son écran, totalement absorbé. Un développeur peut passer sa journée à coder sans décrocher. Un étudiant peut regarder une série complexe en VO sans perdre le fil.

Le problème, ce n’est pas l’écran en lui-même, mais ce qu’on y fait. Un écran n’est qu’un outil. C’est comme dire que les livres nuisent à la concentration parce qu’on peut sauter d’un chapitre à l’autre. L’important, c’est le contenu et notre intention.

Ce qui tue vraiment la concentration, c’est la multitâche : passer d’une application à l’autre toutes les deux minutes. Mais ça, on peut le faire aussi avec des papiers sur un bureau. La différence, c’est que l’écran rend la tentation plus immédiate. Mais avec de la discipline, on peut très bien utiliser un écran pour un travail profond.

D’ailleurs, de nombreuses personnes créatives utilisent des outils numériques pour entrer en état de flow : écrire un roman, composer de la musique, retoucher des photos. L’écran devient alors un allié.

Que disent les études scientifiques ?

Les recherches récentes nuancent fortement l’idée que les écrans seraient nocifs pour la concentration. Une étude de l’Université de Californie a montré que ce n’est pas la durée d’exposition aux écrans qui affecte l’attention, mais la nature des activités. Regarder une vidéo éducative ou lire un article long n’a pas le même effet que de scroller sur TikTok.

Une autre recherche, publiée dans Psychological Science, a suivi des étudiants pendant plusieurs années. Résultat : ceux qui utilisaient des écrans pour des tâches ciblées (recherche, rédaction) avaient une concentration aussi bonne, voire meilleure, que ceux qui utilisaient principalement des supports papier. L’écran permettait même une meilleure organisation.

En réalité, notre cerveau s’adapte. Si on lui donne des tâches longues et cohérentes sur écran, il développe une capacité de concentration profonde. Le vrai problème, c’est la dispersion : les notifications, les onglets ouverts, le scrolling infini. Mais ces comportements ne sont pas intrinsèques à l’écran. On peut les contrôler.

Une méta-analyse de l’Université de Stanford a même conclu que les outils numériques bien utilisés peuvent améliorer la concentration en facilitant l’organisation et la planification. Bref, ce n’est pas l’écran le coupable.

Ce qu'on oublie souvent

On oublie que les humains ont toujours eu des distractions. Avant les écrans, on feuilletait un journal, on regardait par la fenêtre, on se levait pour boire un café. La concentration n’a jamais été un état constant. Ce qui a changé, c’est la vitesse et la variété des sollicitations.

Mais on oublie aussi que les écrans nous offrent des outils puissants pour la concentration : minuteurs, applications de blocage de sites, listes de tâches, musique d’ambiance. On peut les paramétrer pour créer un environnement propice au travail profond. Le problème, c’est qu’on ne le fait pas toujours.

Enfin, on oublie que la concentration dépend aussi de facteurs comme le sommeil, le stress, l’alimentation. Blâmer les écrans est plus facile que de regarder son hygiène de vie globale.

Une nuance importante

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les écrans peuvent nuire à la concentration s’ils sont utilisés sans limite, surtout avec des contenus conçus pour capter l’attention de manière addictive (réseaux sociaux, jeux vidéo). Mais ce n’est pas une fatalité.

Il faut distinguer l’outil de l’usage. Un marteau peut servir à construire une maison ou à casser une vitre. De même, un écran peut être un formidable outil de concentration ou une machine à distraction. Tout est question d’intention et de maîtrise.

Alors plutôt que de diaboliser les écrans, apprenons à les utiliser intelligemment. Et si on a du mal à se concentrer, cherchons les vraies causes : fatigue, stress, manque d’intérêt pour la tâche.

À retenir

Les écrans ne sont pas les ennemis de la concentration profonde. Ce qui compte, c’est comment on les utilise. Avec une bonne organisation et des choix conscients, on peut très bien atteindre un état de flow devant un écran.

Arrêtons de nous mentir : le problème n’est pas l’écran, mais notre relation avec lui. En prenant le contrôle de nos usages, nous pouvons préserver notre capacité d’attention, voire la renforcer. L’écran n’est qu’un outil : à nous d’en faire un allié.

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